‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 376 sur 533 · PréceU · texte numérisé non relu

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36 i II. ESTIENNE GRAMMAIRIEN FRANÇAIS

ment^ ». Seulement, il avait le tort d'appliquer le procédé à des mots que le peuple ne connaissait plus, ou à d'autres qui n'étaient pas dun usage fréquent : sur u lobbe, vieil mot françois qui signifie mocquerie et raillerie » il voulait faire << le verbe lohber^ qui signifiera mocquer et gaudir* » ; sur verve^ il grefTait verver et vervement ; sur essoine^ essoiner et essoinenient ^. Ronsard était-il mieux inspiré quand il pensait tirer de « vocables reeeus en usage, comme /)ât/«, eau, feu » des dérivés tels que payser, ever, fouer^ erenient, fouement^t II ne suivait pas ici Vanaloffie dont Henri Estienne, au contraire, recommande de ne pas s'écarter. Aussi bien à qui appartenait ce droit de t< provigner »> les mots? A la langue populaire, beaucoup plus qu'aux écrivains. C'est encore ce que Ronsard a trop méconnu. Si Henri Estienne a cependant suivi Texemple de son temps, en demandant parfois à ces procédés les termes dont il manquait, il Ta fait avec la réserve que lui conseillaient son goût et sa doctrine.

Examinons donc avec lui les différents aspects de la dérivation française, mais en nous arrêtant, ici encore, à ce qui était plus {)articulier à la langue du xvi' siècle.

/° Dérivation par suffixes.

A. Substantifs : sur les substantifs verbaux, éfralcmenl représentés eu français et en latin, v. Laf. susp., p. 21>9, 300 etsq.j

Suflîxe âge : Est. a soulijjné le navigage dans Du Bellay*; il préfère servage à servitude •.

Suflixc aille, W ci-dessus, p. 360, les observations faites à propos de la dérivation italienne.

Suffixe aire : salaire^ armaire"^^ etc. Estienne préfère inventaire à inventaire^ k cause de Tanalogie avec les mots en aire*.

Sur les sulTixes aison et oire, v. Ilyp.^ 131, 133 et 140.

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