‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 375 sur 533 · DÉRIVATION ET COMPOSITION DES MOTS · texte numérisé non relu

DÉRIVATION ET COMPOSITION DES MOTS

Fécondité de cette formation; quelle liberté est ici laissée aux écrivains. H. Estienne, beaucoup plus réservé que Ronsard, se ^ide sur Tanalogie, ou plutôt sur la tradition de la langue. Sa doctrine rapprochée de son propre style. — Étude grammaticale des procédés de dérivation et de composition.

H. Estienne s'est longuement étendu sur les ressources multiples de la dérivation française. Il vante a la félicité de nostre langage, quant à faire recevoir à ses mots tel pli qu'il luy plaist leur donner ; mais il en vient bien mieux à bout, quand il ne faut que suivre Tanalogie. Pour exemple, tout ainsi qu'il dit trembloter, pinçoter^ beuvoier^ ainsi pourra-t-il faire suçoter de sucer^ », En comparant le français aux deux langues classiques, il n'a pas manqué de faire voir que nous nous rapprochions encore ici des Grecs, et combien nous surpassions les Latins. Par exemple , /e{p donne plusieurs dérivés , manus n'en fournit aucun ; mais de main nous avons tiré manier, maniement, maniable; en outre les locutions : mettre en main y ou entre les mains, mettre la main à quelque chose, avoir en main, et le composé maintenir'^. C'est ainsi que « nostre langage sçait aussi de ses vieux mots en faire qui semblent nouveaux, par le moyen de ce que les Grecs appeloyent irapaYWYif, : monnayage, brassage, seigneuriage, grenaille, etc. ^ ».

Henri Estienne admettait donc la création de mots nouveaux mais avec des éléments vraiment français et, comme le disait Ronsard, « sur un patron déjà reçu du peuple ». Et sans doute la dérivation par suffixes, c'est ce que Ronsard nommait le « provigne-

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