VoL de Lyon, 61 i Marly-I^v., I
3Gti II. £8TI£>NË GHAMMA1K1E>' FRAXÇAIS
B, Adjectifs : sur l'origine latine des adjectifs en ahle^ ible^ ile^ eux, V. Lat, 8usp,^ p. 115 et sq. Cf. lAiV/., p. 306-307, 309. V. encore Hyp,^ 122. Il est à noter qu'Esticnnc ne connaît pas incongelahle (signalé par Cotgrave), puisqu'il dit quincongel&bilis n'a pas de représentant en française II nous apprend que de son temps « on dit autant vendible que vendable^ dnisible que duisable » et que u crédible est plus récent et moins français que croyable . Uuelques-uns disent nuisabte et lisable^, n
Eslienne reproche encore à Du Bellay corrompable pour corruptible^ et belliqueur pour belliqueux. « Il Ta pris sur vainqueur^ mais il s'abuse ; car le mot dont est pris belliqueux est terminé en osu9^ comme furiosus^ furieux^ et ainsi plusieurs autres^. » I^ source cabaline (du cheval ailé'j, le nez ébénin et le mufle lyonnin^ ont été aussi notés.
Relevons à notre tour, chez Eslienne, ces dérivations assez remarquables : des « oreilles asinines'^ », les « Boccaciens » ou imitateurs de Boccace*, <* un mot persien » (de la langue des Perses'), « une Persienne », c'est-à-dire une femme de la Perse*".
C Verbes. Nous ne considérons ici que la fonction des suflixes verbaux. Sur les verbes en er et en ir, v. Préoellence^ p. 318 et sq. ; sur les fréquentatifs latins passés en français, v. HypomneseSy 142 et 143, cf. De Lai. suspecta^ p. 153-155. Sur les verbes tirés de substantifs, v. Précellence, p. 301, où Estienne compare notre dérivation verbale à celle des Italiens : ouUrager^ avantager. D'autres verbes, et ce sont les plus nombreux, ont, au contraire, donné des substantifs verbaux : Chasser (chasse) et son composé pourchasser^ guider (guide) ^ gueler (guet)^ etc. {PrécelL, ibid.). Sur les terminaisons en indre (ingère) et oindre (un gère) ^ v. II yp.^ 140.
Mentionnons chez Estienne : Valeler à Dieu (le servir •*); cf. Amyot** : « valeter en amitié »; chez Du Bellay, « Seréner » (la tempête ou le front *^). Cf. Montaigne « Sereiner les tempestes de l'âme ». Rasséréner était très usité au xvr (v. Lit.]. Sonneler, pris ironiquement par Estienne '*.