‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 383 sur 533 · Ibid,, 103 et l^il. 9usp · texte numérisé non relu

Ibid,, 103 et l^il. 9usp

que par celle de nos voisins. En outre, un certain nombre de ces suffixes exprimant la diminution ne se retrouvent pas en italien, comme ceux en ereau : ces mangereauXj ces plaidereauxj ces pro^ curaceaux^ ces volereaux^, qui, en plus, expriment une idée péjorative. On peut en dire autant des diminutifs verbaux : sauteler, voleter^ trembloter^ pinçoier, qui sont aussi des fréquentatifs*.

Dans Du Bellay, Estienne a relevé :

Escroqueter ' (diminutif évident de escroquer^ qu'on s'accorde à faire venir de F italien scroccare,)

Marmotter^ note marg. a GalHs (ou gallice?) garrulare; factum ex animalis voce ut ex proprietatc natune dicunt fureter^, »

Pinseter : « vous pinsetoit les cœurs de rage envenimez^. »

Eslienne a usé plaisamment de ces verbes en oter dans un passage de son Apologie que nous avons cité *.

Une des pièces de Du Bellay : « Tépitaphe d'un petit chien » abonde en diminutifs; Estienne en a souligné plusieurs : ses denlelelles d'ivoyre et la bariïelette noire de son mumquin friand... ; se tenoit mignardelet, d'un maintien damoiselei'^ n. Lui-même écrit grandelel *, «un petit mercerot^ », des Mtchelols ou pèlerins de Saint-M ichel ; des Jacquets ou pèlerins' de Saint-Jacques *^,

5° De' rivât ion impropre.

On désigne aujourd'hui parce nom la dérivation qui se forme sans le secours de suffixes, en transformant la fonction du mot par la seule extension du sens. Si Estienne n'use pas de ce terme, du moins connait-il la chose :

Des noms propres deviennent noms communs : Pathelin, d'où par dérivation propre pat heliner^K Ces mots figurent dans Roh. Est.

1. Précell.., 99. L'ilalien a ses suflUxcs péjoratifs : bravaccio^ bagiardo, etc. 3. Ibid., 101. Du moins ritalien exprime-t-il les méjncs idées par des siifllxes difTércnts : salteggiare, etc.

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