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13. Ibid., 1, 346. Mitte est au sens d'élégant dans Uob. Est. 1319 .
li. DUl.j I, 216, mais tirés de mots qui étaient français * poupin, hrayard uu bragueur, qui est cité i>ar Rob. Est. : <« elegans homo. » 15. Conform., 79.
3ti8 II. ESTIKNNK l^KAMMAlKiK.N FKANÇAIS
exemples qu'il cite dans la Précellence^. Il observe que les Italiens ont de fauK diminutifs, cest-à-dire des mots où le suffixe ne marque plus une idée de diminution : fratello, avolo ne signifient que frère et ayeuL II ne prend pas garde que le même fait s'est produit en français : oiseau est, au même titre que uccello, un ancien diminutif^ et ce ne sont donc pas là « des mignardises » ! Mais par* fois les deux langues reprennent d'anciens diminutifs devenus, pour ainsi dire, des mots simples : d'oisel le français tire oiselet, d'uccello ritalien uccelUno^.
Il est vrai que dans ses Hyponineses'^ Estienne a nettement distingué cette formation : il sait qaaureille ou oreille, aveille ou abeille, corneille^ mamelle (prononcé par quelques-uns mammelle avec deux m) sont venus de diminutifs qui se retrouvent en latin. Les exemples qu'il donne dans la Précellence ne sont pas classés par suffixes (ce qui conviendrait à l'étude proprement scientiGque de cette dérivation), mais groupés par familles de mots.
A la diminution s'ajoule souvent une superdiminulion^. Enfant, enfançon, enfançonnel, homme, hommet, hommelet, etc., mousche, mouscheron ; cf. un laideron, un tendron, un fend ri lion.
De R. Belleau Estienne cite encore ces diminutifs formés, soit avec les suffixes féminins elle et elette, blondelettes, arondelelles, nou vêle t les, houchelettes, soit avec les suflixes masculins elet : ruisselel, argentelet ou encore il Ion : crespillons.
Nous en retrouvons, et d'autres encore, dans la famille de mignon, mignonnette, lèvre mignotte, mignard, mignardelet, mignardise, et en plus ces verbes : mignarder, mignardiser, mignotter, amignotter^.
Tous ne sont pas de Tinvention de Belleau. Estienne nous apprend que « lon^ temps y a quon dict sadinet, de sade, le composé duquel est mausade"^ ».
Certes, il s'abuse en disant que Tabondancc des diminutifs est plus grande en français qu'en italien. Mais si les poètes de la Pléiade, et Belleau plus» que les autres, ont pensé rivaliser avec les poètes de Tltalie, cette formation n'en est pas moins française. Le suffixe e//e, en particulier, a été plus développé par notre langue
1. Précell.y 96 et suiv. Même abus des diminutifs chez O. de Mafj^ny qui en a tin* beaucoup du patois quercynois (v. Favre, p. 190).