Ibid
Importance accordée par H. Estienne aux proverbes. Il a plus particulièrement recherché les proverbes « vulgaires ». — Caractères essentiels du proverbe : la sentence, la brièveté et Tallégorie. — Estienne a puisé dans le livre édité par Jossc Bade, et dans de vieux recueils manuscrits. — Rajeunissements subis par d*anciens proverbes. — Traductions et imitations littéraires ; les Adageê d^Érasme ; sentences classiques chez Du Bellay. — Proverbes italiens. — Lieux communs des significations : morale religieuse et sociale ; proverbes sur les animaux.
Nul écrivain français n'a peut-être, au xvi^ siècle, cité plus de proverbes que Henri Estienne; « car les beaux proverbes, bien appliquez, ornent le langage de ceux qui d'ailleurs sont bien empariez^. » Il aimait surtout les adages « vulgaires », plus variés et plus expressifs que le petit nombre de dictons qui subsistent aujourd'hui, et que nous laissons volontiers dans les almanachs.
Certes, à ne s*en tenir qu'au xvi' siècle, la littérature proverbiale est considérable ^. Outre les simples collectionneurs et traducteurs, des esprits curieux, avant H. Estienne, avaient étudié les proverbes ^ : Ch. Bovelles, dans ses Trois livres de proverbes vulgaires (1531),* avec commentaires en latin ; Gilles Corrozet, dans son Hecaioragra-phie (1540). Dans la seconde moitié du siècle, les recueils de proverbes ne manquent pas non plus : par exemple, les Adages ou Proverbes françois de Solon de Vosge (Jean le Bon*) et le Trésor des Sentences dorées^ de Gabriel Meurier ^. Au point de vue plus spécialement philologique qui est ici le nôtre, c'est encore à Estienne Pasquier qu'il faut demander, après H. Estienne, des