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388 11. ESTLK.NNË GliAMMAlHIËN FRANÇAIS
Enhazé : « il faudra tousjours faire de Tempesché, voire de Teahaxé (comme on parle à Paris *) n ; mesgnîe^ devenu à Paris mignee : « il est de vostre mesgnic et de vostre maison » (Franc.-lat.). Mesnie est aussi en vieux* français ' ; u une mignee d'enfants » (Menot, cité par Estienne '). Voye à Paris signifie aussi une charlee : une voye de Aow *.
Faut-il attribuer au dialecte de Paris et des lieux circon voisins « ces mots de la vieille langue, mais encore usités en plusieurs endroits ' »» pampre de pampinus, souligné dans Du Bellay* ; prinieraîn « estant dict de quelque fruict ^ » (chez Hob. Est., 1549) ; tempre : u il est venu bien tempre, » bien à temps ; iempremeure^ « d'une (llle qui est devenue meure (mariable) '. »
Malheureusement Estienne ne donne pas toujours le noiii du |dialecte ; il s*en tient souvent à cette désignation vague : c< en quelques pays, en quelques lieux. » C'est ainsi qu'il dit encore que paslre « dont usaient nos ancestres est demeuré en quelques dialectes, mais qu*à Paris et en plusieurs autres lieux on dit pasteur^. » Aussi bien, d'autres villes que Paris réclament l'honneur de parler le vrai français : ce sont celles qui « approchent du cœur de la France », Orléans, Tours, Vendôme, Chartres et même Bourges. Estienne ne conteste pas qu*on n'y parle, en effet, un langage très voisin de celui de Paris. Il ne veut pas se « formaliser contre les Guespins (les Orléanais) quand il leur eschape de dire qu'ils parlent aussi bon françois que nous qui sommes Parisiens ». Mais plus encore que dans la capitale, il faut dans ces villes voisines éviter les expressions dialectales et la mauvaise prononciation*®. Cela revient encore à dire qu'il y a une langue française, placée au dessus des dialectes et commune : elle n'est pas uniquement propre k Paris; mais c'est à Paris que l'on rencontre le plus grand nombre de gens qui la parlent « purement. »
1. PréceU.f 181 ; Dial.^ Il, 233. Cf. ApoL, I, 231, où Estienne emploie lui-même le mot.