‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 410 sur 533 · recueil de proverbes rares et souvent très libres · texte numérisé non relu

recueil de proverbes rares et souvent très libres

5. Lyon, 1577 ; 1'* édit. en 156K sous le titre de : « Recueil de sentences notables, dicts et dictons communs, adages, proverbes et refains, traduits la plupart du latin, italien et espagnol, et réduils selon l'ordre alphabétic. » A Anvers.

390 H. ESTIEXNE GRAMMAIRIEN FRANÇAIS

observations neuves et pénétrantes sur Texégèse des proverbes français : on les trouve au VIII** livre des Recherches de la France^.

Henri Estienne en a cité de très anciens *. Ce n'est pas que leur vieillesse les empêchât, du moins pour la plupart, d'être encore vivants dans la tradition orale du xvi** siècle. Ils s'étaient mêlés à la langue populaire qui trouvait en eux des éléments assimilables.

Aux sentences proprement dites, aux adages qui expriment une pensée complète, sous forme de jugement : « De grand maistre, hardi valet », « De fol juge ^ brève sentence », on peut rattacher, mais sans les confondre, la foule des locutions proverbiales^, des métaphores et des allégories qui relèvent aussi de la langue populaire : trouver la fève au gasteau, se couvrir d^un sac mouillé^ etc.; nous y reviendrons plus loin. De plus, si ce nom de proverbe s'étend à « toutes sentences qui sont ou ont esté en la bouche d*un chacun », Estienne remarque qu'il se dit plutôt « des dictons ou sentences où il n'y a tant de paroles^. » Car une qualité essentielle du proverbe, c'est la brièveté : « Entre tels tel deviendras => » , si l'image ou l'allégorie en est une autre : « Au premier coup ne chet pas V arbre ^ »; « Onques chapon naima gelines'^ ». Certains proverbes valent par ces « traits subtils que les Latins appeloyent acute dicta : « Qui tout me donne, tout me nie^; » le trait est ici souligné par l'antithèse; il Test ailleurs (ce qu'Estienne n'a pas remarqué) par une allitération évidente : « Ceux qui opinent, lopinent^ ». Mais Estienne a noté la réduplication de l'idée dans certains dictons : « Besoin fait la vieille trotter » et « Cremeur fait lièvres tumber^^ ». Ce qu'il a justement vu, c'est que plusieurs de ces vieux proverbes « pouvaient se couper en deux petits vers » rimant ensemble :

« En peu d^ heure — Dieu laheure ».

« U homme propose — Et Dieu dispose ».

1. Cest ici que Pasquiera ctë ori^^inal. V. plus haut, p. 22K.

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