‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 413 sur 533 · Prém · texte numérisé non relu

Prém

posant les Prémices il ne l'avait plus, puisqu'il dit : « il me souvient avoir lu en ce recueil^ ». Il y a pris aussi plusieurs proverbes qu'il trouvait fort beaux et qui ne sont pas chez Josse Bade.

Mais il a certainement connu d'autres manuscrits : « suivant l'escriture d'un vieil exemplaire », dit-il ailleurs, et encore : « en quelques vieux exemplaires », « selon les vieux registres^ ».

Voici encore une de ces variantes : « qui s'abbaisse^ Dieu tesê&uce^ où essauce (car il est ainsi escrit au vieil exemplaire), signifie exaltai^ et non pas exaudit^ ». Ce proverbe n*est pas dans Badius, ni sous cette forme, ni sous cette autre que donnent les recueils manuscrits de la Bibl. nat. : « Ki s* abaisse Diex Vacroist, »

Il arrive d'ailleurs qu'Estienne rajeunit, sans que peut-être il s^en aperçoive, le texte du proverbe, soit qu'il le prenne cette fois dans le livre de Josse Bade, soit qu'il le cite de mémoire (ce qui lui arrive plus d'une fois!) Par exemple, ce proverbe ainsi écrit dans la Précellence : « Qui de ses subjects est hays^ nesi pas seigneur de son pays, » Estienne fait observer que « hays est dict pour hay^ la lettre s estant superflue, comme elle est souvent au langage ancien, et principalement où la ryme requiert qu'elle soit adjoustee ^ b Même texte dans Bade, sauf que hay s'y trouve écrit sans s. Or, tous les anciens recueils manuscrits qui citent ce proverbe donnent naturellement «ire au lieu de seigneur : « // n'est sire de son pais qui de ses hommes est hais ' ».

Mais ailleurs, quand il y fait attention, il préfère la forme originale : « Chose veee est plus désirée , suivant le vieil exemplaire auquel sont retenus les mots de l'ancien langage ^ » ; dans Bade : « Chose deffendue et prohibée est souvent la plus désirée. »

Ces rapprochements prêtent par eux-mêmes à des observations de langue intéressantes. Comme nous l'avons vu plus haut, Estienne

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