‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 424 sur 533 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

13. Tirée, dit^il, de quelque fable d'Ésope : « in vernacnh sermonê.., dieimu» acërbas uvas, » V. les animadv, de Fédit. de 1558.

TERMES DES ARTS El* MÉTIERS 399

apologues en raccourci : « Trop achette le miel qui sur les espines le lesche * . »

D*autres façons de parler proviennent de « quelque farce fort vulgaire », comme la farce de maistre PatheHn, par exemple : « Retour^ nous à nos moutons, pour dire : retournons ànostre propos' ». Estienne attribue aussi à une farce cette autre locution : « Il a pris la chèvre^ ce qui se dit de quelqu'un qui s'est despité^ ». « Ten ay veu prendre la chèvre de ce qu^on leur Irouvoii le visage frez, » (Montaigne dansLiï.).

LES TERMES DES ARTS El* MÉTIERS

A la diflerence de la Pléiade, H. Estienne ne considère pas seulement ces termes dans leur sens métaphorique, mais dans leur valeur propre. — Liaison nécessaire entre le travail et la langue du travail. — La « méchaniquerie » des vêtements ; les jeux ; la monnaie ; la fauconnerie et la vénerie.

C'est là un fonds d'une richesse infinie ^ dont Ronsard avait, le premier, signalé Timportance, mais il n'en pensait retirer que des métaphores poétiques : « Tu practiqueras... les artisans de tous mestiers, comme de marine, vénerie, fauconnerie, et principalement les artisans de feu, orfèvres, fondeurs, mareschaux, minerailliers, et de là tireras maintes belles et vives comparaisons avecques les noms propres des mestiers pour enrichir ton œuvre et le rendre plus agréable et plus parfait ^. » Henri Estienne se contente de prendre les métaphores qui se présentent toutes faites dans la langue « qui emprunte tant de beaux mots et tant de belles façons de parler, pour les accommoder à autre usage ^ )). Il se déclare satisfait par les façons de parler plus communes qui sont sur les lèvres de tous.

Mais en recourant au vocabulaire des arts et métiers, il ne songe pas seulement à des images et à des ornements pour le style. Il considère, en outre, ces termes dans leur sens propre, en tant qu'ils

sont utiles aux artisans. Car « les mestiers, que les autres nations ont semblables aux nostres »... ne sont pas « semblablement fournis

1. PrécelLy 354. Cf. Apol.f II, 293: « paroles perdues, pour cequ*on parloit contre leurs ventres qui n'Af>oyent point d'oreilles. •» 3. DimL, I, 196. Sur les mots tirés de la farce de Pàthelin^ v. plus haut, p. 369.

3. DîaI., I, 196; II, 311. L'expression est aussi dans Régnier, sat. 13, et Molière {Sgàn.t se. 13), cités par le Dict gén. Le Dict. des Proverbes françois (1749) confond à lort • prendre la chèvre o et « se cabrer ».

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