‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 434 sur 533 · ApoL, II · texte numérisé non relu

ApoL, II

U ironie : « Il ne me faloii plus que cela pour n{ achever de peindre^ », expression qu'Estienne explique dans Y Apologie : « afin que là on achève de les leurrer^ ou (comme dit le proverbe), qn'on achève de les peindre '. » Cf. Du Bellay : « Mais il peindra le nez à tous, et pour la peine De les avoir trompés d'une espérance vaine *. »

Uironie apparaît particulièrement dans l'emploi des mots bien ou bon et beau : « Ne ferait-il pas beau voir que... Vous avez bonne yr^ce de dire cela *,,. — Le bon homme se dira « par une ironie plus adoucie^ » ; toutefois on appelle aussi, sans raillerie, un bonhomme^ une bonne femme de vieilles personnes *. — Un bon larron^ un bon courtisan : « qui sçait bien son mestier'^. » — « Nous disons quelquefois un bon marchand de celuy qu'autrement nous appelons un gros marchandée esi-k-dire qui fait gros train ou grand train *. » — c< Les bons compagnons *, » synonyme de galands. — u Les beaux pèreSy » en parlant des jnoines*® ». Et vous me faisiez tant le beau beau^ traistre que vous estes *^ ». — « Soufflez.,, se prend au language du commun peuplepour cela aussi qu'il dit autrement : De belles ^^^ c'est-à-dire : il n'en est rien. » — « Vous me la gardiez belle **l »

Même emploi ironique de pauvre, a Tout roy qu'il estet, je l'appelle povre amoureux par une façon de parler que nous avons quand nous plaignons quelcun et avons pitié de luy **.n Ces povres gens^ dit Estienne de ceux que les aumônes enrichissent*'.

La langue populaire a fourni à H. Estienne la plupart de ces prétendus synonymes qu'il accumule dans la Précellence **.

Au thème de l'avarice se rattachent, outre les composés que nous avons cités plus haut : des mots simples, comme eschars^ taquin ^ tenant

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