‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 433 sur 533 · V. plus haut, p. 167 et · texte numérisé non relu

V. plus haut, p. 167 et

pas entre en ta peau » ; « ce sera sur ton dos^ »; « // traîne^ » en pariant d*un malade qui languit; « il en ha\ » c'est-à-dire il est blessé, il est atteint mortellement 2. Voilà bien des expressions très familières et même triviales, parce qu'en efTet elles sont très répandues ; mais elles ne sont pas uniquement propres au bas peuple. Sans doute les frontières entre les deux langages restent de ce côté assez indécises. Les métaphores sont créées par l'imagination populaire, et c^est Tusage de la bonne société qui leur donne droit de cité.

C'est à la langue populaire qu'Estienne s'adresse de préférence quand il étudie les formes diverses de la métaphore, les variétés de tropes'.

Par exemple, la métonymie : « C'est une bonne espee, ou une rude espee^ au heu de dire : Il met bien la main à Tespee, ou plus brièvement : c'est un homme d'espee * ». « Gentilhomme qui n'estet de tel qualibre, ains à simple tonsure, comme aucuns les appellent ' n, métonymie populaire qui applique plaisamment aux gentilshommes la tonsure des clercs. — « Le feu cardinal de Lorraine, surpassant tous ceux de sa robbe^ ou plustost tous ceux de son chapeau ^... »

L'hyperbole ou métaphore outrée : « faire crever de rire ^ ; manger tout cru (celui qu'on hait ^) ; il est demeuré avec autant de nez : tout confus ou tout peneux..., et par hyperbole : arec deux pieds de neZy etc.. • »

Uhypocorisme : « Les Grecs appellent ainsi un tel adoucissement de choses fort odieuses par mots qui ne sont point ou bien peu odieux*®. » Par exemple, ils disaient, au lieu de pornœ^ hetœrœ « comme si on disait amies ou plustot compagnes. Et nos ancestres aussi ont inventé un hypocorisme d'assez bonne grâce, quand ils ont dit : ce sont filles de joye** ». — « Ceux qui avoyent faict quelque mal aux gens d'église, ou leur avoyent dict pis que leur nom *' ».

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