V. plus haut, p
MÉTAPHORES DE LA LANGUE POPULAIRE i09
on trop tenant^ chiche^ vilain ou chicke-vilain^ ou encore un double vilain*^ etc.; des locutions proverbiales : « // pariiroil une maille en deux; il ne donnerait pas un gros œuf pour un menu^. »
Au thème de Texpérience, ces expressions : « Il n*en parle pas comme clerc d'armes; il y est vieil routier y etc.' ». Le thème de la sottise est assez bien fourni, si nous en jugeons par un passage de ï Apologie : « Les frères, ou pour le moins cousins germains du sol sont niais (que le vieil françois disoit nicej, fai^ badaut (que le vulgaire en quelques lieux appelle baldori)^ nigaud, badin,., Cesi un benesi (car alors on le prononce ainsi, et non pas Benoist. » — « Quant à un Joannes, cela vaut autant que ce que maintenant on appelle un pédant. Et quand on dit : un bon Jannin (que le vulgaire prononce Genin), cela s'entend proprement d'un pitaut qui prend bien en patience... » ce que sa femme lui fait porter. « Aussi nous usons de ce mot de grue en ceste même signification de sot, » On nomme encore « par translation » un mouton celui u qui se laisse mener par le nez *f »
Enfin la métaphore, quand elle se prolonge, devient la com-paraiaon; c*est ce qu'Estienne appelle aussi une similitude ou une allégorie^. En dehors des proverbes proprement dits^, une foule de locutions populaires, se rapportant aux choses de la nature, aux mœurs de Thomme ou des animaux, reposent aussi sur la similitude.
Nous avons eu déjà Toccasion d'en citer quelques-unes; voici des exemples apportés par notre auteur ou extraits de son propre style qui montreront Tinfinie variété du langage métaphorique et proverbial^.
c II accomplira sa promesse plus tard que Can du jugement, >> (Du Bellay «).
1. PréeeU,^ 106. V. les explications qu'Entienne donne lui-même de ces termes. Il rattache à tort eschAVS à psrcu$ (étymologie problématique : escurpêus pour excerptu$; V. Kôriing), prov. escArs; ital., scarso; cité par Hob. Est., 1549, ainsi que etefukrcement. — « Taquin et trop tenant, tenax, » Rob. Est. — Taquin^ dans Pasquier^ Lettres, XII, 6. Le mot n'a encore au xvii* siècle que le sens d'avare, qui chicane sur la dépense. V. Furetière. Le sens moderne : m qui cherche querelle pour des sigets futiles ■• en est une extension.