‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 444 sur 533 · Dial.j I, 205. Y. la note de M. Rist · texte numérisé non relu

Dial.j I, 205. Y. la note de M. Rist

C'est ce que Ménage a fort bien remarqué, en défendant la locution contre la critique d'Estienne, reprise par Vaugelas^ Libéral arbitre est dans Amyot et dans Calvin qui signale cependant « le titre de libre ou de franc^ qu'on ajoute au mot d'arbitre » (Inst. chr. dans Lit,). Nouvelle au xvi* siècle, l'expression de libre arbitre nous est finalement restée.

Dans ce passage des Dialogues^ Henri Estienne a donné des extraits d'un traité qu'il avait préparé, mais qu'il n'acheva pas : le Correcteur du mauvois langage français'^. En fait, il a poursuivi dans ses Hypomneses son enquête sur Tusage.

Fautes contre la grammaire, — 1® noms et adjectifs :

L'analogie, instinctivement suivie par le peuple, se retrouve aussi dans ce singulier : un chevau, confondu avec le pluriel de cheval^. Il est plus étonnant d'entendre Estienne citer comme une faute u lourde et grossière « un vieux homme* ». Il blâme vieux, même employé seul ou devant une consonne, et il estime qu'il faut dire toujours vieily « forme qui convient mieux au féminin vieille^ ». Rob. Estienne indique vieil^ au pluriel vieulx [Franc. -lat,), Lanoue formule déjà, d'après l'usage, la règle que V'augelas établira et contre laquelle Ménage protestera * : un vieux cheval^ un vieil arbre.

2* Conjugaisons. — Après Marot, H. Estienne reproche aux courtisans de « lourdement barbariser » en disant : fallion, je venion''. Il sait d^ailleurs que la faute est aussi commise par le peuple, dans les provinces autant qu'à Paris : « Je ferons cela, f irons là : ce n'est pas du fran* çois*. » — C'est un trait dialectal qui subsiste encore aujourd'hui! Estienne ajoute que « les mieux parlans » prononcent 1'^ finale : a j'allionx, je soupion^*.»

Marot avait aussi dénoncé ces formes incorrectes : « renda et frappi ». Estienne y revient et note : « il s'y en allit pour il s'y

]. Mëaage : Observations, I, 504. Cf. Vaugelas, I, 87.

3. Dial., I, 307. Il dit formellement « qu'il avoit ja baillé le commancement mis au net, pour estre mis sur la presse. •

3. DM,, l, 208. Toutefois, il est possible que nous ayons ici un véritable cas-sujet du singulier. Le vieux français n*avait pas seulefnent chevals, mais aussi chev&us (au cas-sujet).

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