‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 446 sur 533 · Dial,, I, 209. Cf. Hyp · texte numérisé non relu

Dial,, I, 209. Cf. Hyp

416 II. ESTlE^iNE GRAMMAIRIEN FRANÇAIS

en alla y je lui donni pour je lui donnay^ el réciproquement : j^escrivay pour fescrivi] je la baisi au lieu de dire je la baisay * ». On saisit ici les réactions réciproques de la conjugaison en er et de la conjugaison en re ; elles expliquent les hésitations de la langue populaire. Estienne obser\'e aussi que si le peuple dit facilement je cueillay pour je cueilli^ à la l'^ personne, Toreille lui laisse rarement dire à la 3® personne : il escriva, il venda ^. Mais pour certains verbes, la conjugaison était si incertaine qu'Estienne a écrit lui-même dans V Apologie : « (ils) Vempoignirent^. »>

Mêmes hésitations au sujet des participes. On nous avertit qu'il faut dire : j'ay ouvert et non ouvrir offert et non offri *, j'ai senti et non j'ay senlu^ Cette forme en u est dialectale, et ne doit rien, quoi qu*on en ait dit*, à Finfluence de la conjugaison italienne. Car enfin, si les Italiens disent : ho temuto, ils disent précisément : ho seniito.

Avec Marot, Estienne soutient qu'il faut dire : il m*a lors, il m'a mors, et non pas : il m'a tordu ^ il m'a mordu, La forme tors était encore, au temps d'Estienne, la plus usitée^ ; et c'est au nom de l'analogie qu'&tienne réclame mors au lieu de mordu contre la tendance qui prévalait". C'est cependant l'analogie, agissant en sens inverse, qui a, finalement, imposé mordu et tordu,

3® Prononciation (suite de Thistoire de la diphtongue ai : passage de ouè à ouà^),

« Ce petit parisianisme » de la place Maubert, que se permettaient les courtisans, devait devenir français deux cents ans plus tard avec la Révolution, dans les mots où oi s'était prononcé oué : le roi, la loi. Mais c*est au xvi^ siècle un trait phonétique plus général qui substitue Va à Vè dans une foule de mots et dans les positions les plus diverses :

« Et pour trois mois dire troas moas, Pour je /ay, i>ay, je /ba«, je voas... En la fin vous direz la guarre^ Place Maubarty et frère Piarre *®. »

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