‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 450 sur 533 · L. Clemrnt. — Henri Entienne, ît · texte numérisé non relu

L. Clemrnt. — Henri Entienne, ît

il8 H. ËSTŒNNK GRAMMAlRllrlN FRANÇAIS

En fin de compte, la substitution réciproque de a et de é ne nous apparaît plus comme une particularité du dialecte parisien, mais comme un grand trait de la phonétique du français. Il en est de même des changements réciproques de o et de ou. Si laffectation de ou au lieu de o était propre à certaines personnes, et notamment aux courtisans, les ouistes^ et les non ouistes témoignaient de Thésitation de la langue. H. Es tienne s'en est rendu compte, tout le premier, en signalant ces doubles formes : voulante et volonté^ tourment et torment^ colombier et coulombier, etc. 2.

D'une part, il écrit : un rigoreux critique*; assopi et non assoupi*. Il relève dans Du Bellay : « un formy », et note « que d'autres disent une fourmi, mais qu'il est mieux de dire une formi, en suivant doublemeoi Tanalogie du latin formica^, »

Mais, d'autre part, il souligne plusieurs fois dans le même poète : iroppe^ auquel il préfère trouppe^, et troppeau'' ; et il écrit : « i7 est pourmené par ritalie^, » ou encore : proumener^ ; faire leur prouffit^^ ; au bout de leur roulet^* ; coursaires **.

Cela ne l'empêche pas de reprendre les courtisans quand ils disent : « chouse, au lieu de chose, fouse au lieu de fose^^.., » et « fay mal au cousté^^ ».

Pour achever dans ses traits les plus saillants l'histoire de la prononciation parisienne et « courtisanesque » , rappelons encore les changements réciproques de r et de s douce *^. « Le peuple, surtout à Paris et dans les villes voisines, prononce, en beaucoup de mots, « ou 2 au lieu de r. Il dit masi ou mazi et peze^ meze pour mari^ pere^ mère... Mais ce qu*il y a de plus étonnant, c'est que le même peuple prononce inversement r pour «, comme dans couri/i, la

1. Le mot est deTabourot; sur cette histoire, v. Thurot, I, 245.

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