‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 48 sur 533 · Dial.^ II, 308 et suiv · texte numérisé non relu

Dial.^ II, 308 et suiv

4. A ce que dit Teissier, II, 243, d'après le Scaligerana. Kl. Chrestien fut étudiant au Collège de Genè%'e (v. Cli. Borgeaudy article cité, et c'est sans doute pendant •on séjour dans cette ville qu'il alla demander des leçons de grec à II. Estienne.

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scolastiques et des distinctions alambiquées. On s'arrêtera pour un temps de discourir sur les vertus intellectuelles et morales^ sur Vàme végétative ou sensitive ^ : le parallèle des humanistes italiens et français et la qualité de leur style latin ; la supériorité de Tune ou de Tautre de ces deux langues modernes : le français et l'italien , c'étaient là des questions qui ne se poseraient plus aujourd'hui mais qui étaient vivantes au xvi® siècle, faites pour soulever les contradictions et pour réveiller l'attention du royal protecteur de l'Académie. De ces discussions il sortit deux livres qu'Estienne publia sur la prière formelle de Henri III ; un Becueil de lettres latines dont nous dirons un mot plus loin, et une œuvre originale : la Précellencc du langage français,

Henri Estienne eut donc l'habileté d'intéresser et de flatter dans son amour-propre le roi grammairien qui se croyait aussi un orateur ; il en avait la réputation. Tout en faisant la part des exagérations obligées de ses panégyristes, il est acquis que Henri III s'exprimait en public avec une grande facilité et une certaine élégance ; il parlait « purement et disertement ^ ». D'Aubigné luimôme le nomme « l'un des mieux disans de son siècle ^ ». C'est pour lui, et c'est à sa prière qu'Amyot, son ancien précepteur, composa un « projet de V éloquence royale^ », court traité, mais substantiel, écrit dans une belle prose, tout à fait digne du traducteur des Vies de Plutarque, La précision de certains éloges accordés par Amyot à son royal élève témoigne de leur sincérité : il dit par exemple que Henri III avait une excellente mémoire, secours puissant pour un orateur et pour un roi -^ ; et c'est encore à lui qu'il songe, quand il montre le prince sachant « parler court en temps et lieu » et « usant à propos de quelque mot aigu et de gentille rencontre ^ » ; il rappelle « qu'à son retour de Pologne, le roi fît voir

1. V. les Discours publies par M. Fréniy ; mais les plus iniportanls son l encore deux discoura de Honsard, Tun retrouvé dans un manuscrit de la bibliothèque de (x)penhague, Tautre tiré de la collection Dupuy (Bibl. nat.}. M. nianchmain les a places dans le t. VIII de son édit. des Œuvres de Ronsard (pa^çcs 155 et sq,); il faut y ajouter le discours inédit, écrit en italien par Delbcne, dont M. Côudeit; nous a donné le prolo|çue, ouvrage cité, p. 7 et 8. i V. ibid.^ p. 20, n*" x.\xv-xxxvii.1

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