‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 51 sur 533 · Projet de V Eloquence Royale, p · texte numérisé non relu

Projet de V Eloquence Royale, p

2. V. de Nolhac et Solcrli. Chap. V, « e ne disse sua MajcsUi che pcr questa prima volta avcva voluto parlai' in francese, ma che lutte le alti'e parleria in italiano conic fece pi>i «empre. ■• 'Relation au Sénat du dofçc Luip^i Moceni^o.^

3. Precetti tii reitoricA scritU per Knrico III re di Francia, pubblicato sccondo un manoscntto inedito conservato nella H. Bibliotcca Estcnse, da Camus Giulio, in MfKlena, Societa lipografica, 1887.

t. Dial., h ^9 et 60.

5. Mon. masa^ p. 311 et sq. et cf. PréceL, 12 et 13. Nous résumons la scène de Tentrevuc avec le mi qu'Ësticnne a longuement racontée dans son poème latin, mais DOU8 prenons aussi quelques détails à la Précellence,

«. Précell., 12-13.

48 insTOiHE DE l'œuvre française

semaines*. Il parut chez Mamert Pâtisson « imprimeur du roy », qui avait épousé en 157S la veuve de Robert, frère de Henri Es tienne 2. « L*espître au roy » signée « de Paris ce XXIII, d'Apvril, M.D.LXXIX », ne manque pas de célébrer « ce précieux don » qui le fait « doublement roy », son éloquence qui est par ellemême « un très honorable tesmoignage » « de la suffisance de nostre langue '^ ».

Voilà donc Henri III devenu non pas seulement le patron, mais, dans cette défense de la langue française, Tallié d'Estienne ; j'allais dire son collaborateur ; du moins Tautre fut assez adroit pour le lui faire croire. Nous reconnaîtrons plus loin l'esprit élevé et hautement français du plaidoyer ; considérons ici le sens plus étroit et purement pei*sonnel de cette dédicace de la Précellence : elle atteste d'abord le succès des démarches faites par Fauteur pour abriter son passé et sa vie sous la plus haute des protections ; nous le voyons aussi par les confidences qu'Estienne a placées ailleurs, dans son De Lipsii /â/mi^a^e qui parut à Francfort en 1593, comme dans la Principum monitrix musa. Il déploya pour arriver à ses fins toutes les ressources de son esprit ; se sentant devenir au milieu delà cour « une moitié de courtisan « (semiaulicus), il laissa, quoiqu'il en dise, plier la rigidité de son caractère. La brusquerie de sa parole, qui lui était restée, le servit à propos.

Il voyait le roi très souvent, et il avait avec lui « son franc parler* ». Aussi Henri III a-t-il donné d'Estienne ce témoignage « qu'il n'avait jamais rencontré d'homme qui eût autant d'aversion pour ces deux vices habituels des cours : l'adulation et l'hypocrisie^ ». A son tour, Estienne fait l'éloge du roi, et il rappelle avec quelle élégance et quelle pureté il parlait le français. — « Il y a plus, il étudiait de très près le style des autres. Un jour, à propos d'un livre français qui était de moi, mais où je n'avais pas mis mon nom, il me demanda si je n'en étais pas l'auteur. Je lui répondis que je voulais bien en faire l'aveu à lui seul, mais que je m'étais gardé d'en convenir devant aucun des courtisans. Le roi me répon-

1. Mon. Musa, p. 212. o Luna vix orbcni siium Ter (credo) junelis cornibus complcvcrat, OlTertur illc quum liber, non qui foret calanio exaratus, sed typorura literis. »

2. V. la notice de Renoiiaixl (.Ithi.j sur Mamert Pâtisson. La veuve de Robert se nommait Denyse Harbé. Pâtisson étant mort en 1601, elle dirigea rimprimcrie jusqu'en 160 è.

3. PrécelL, p. 3 et 7. Feuffère cilCy p. 3, not. 1, le discours prononce à l'ouverture des États de Blois ;16 ocl. 1588}.

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