‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 525 sur 533 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

LES ESSAIS POÉTIQUES DE IIENHI ESTIENNE; SA CRITIQUE LITTÉRAIRB DE LA PLÉIADE

Importance accordée par H. Estienne aux poètes. — 11 est resté, quand il écrit

Table des matières 53t

en vers, le disciple de Marot. Sans mériter le nom de poète, il a fait cependant preuve de qualités originales: 1® dans la traduction ; 2^ dans le genre épigramma tique et satirique ; 3<^ dans les fragments d'un poème sur U Calomnie et surtout dans les sentences morales et religieuses du livre des Prémices. P. i42ài53.

Comment le jugement de H. Estienne sur les poètes de la Pléiade s'éclaire par l'annotation manuscrite des poésies de J. Du Bellay. — Valeur de ces notes et de ces traits de plume : l'éloge a été mêlé à la critique. — Estienne a relevé chez Du Bellay les imitations des poètes latins, anciens et modernes ; il s'est occupé à la fois de la langue et du style. En quoi ses remarques diffèrent du commentaire de Malherbe sur Desportes. — Réserve observée par Estienne à l'égard de Ronsard. P. 153 à 161.

ni

Critiques morales adressées par H. Estienne aux poètes de la Pléiade. Il leur reproche leur paganisme : mots profanés, métaphores impies. — Estienne n'a goûté ni le platonisme ni le mysticisme chrétien de Du Bellay.

Critiques littéraires : le pindarisme et les traits dithyrambiques. — Les reproches de Henri Estienne tombent encore, quoique inégalement, sur tous les poètes de l'École. — Nouveaux procédés de style; mots rapprochés, antithèses, allitérations. — Sans éviter toujours l'affectation ou le prosaïsme. Du Bellay a gardé le plus souvent une juste mesure, notamment dans L'emploi des images. — Fureurs lyriques ou tragiques de Ronsard, de Bertrand Bergier et de Jodelle, raillées par H. Estienne. — Exemples de métaphores outrées, tirées d'écrivains en prose. P. 167 à 477.

En résumé, le mauvais goût reproché par U. Estienne à la Pléiade dérive de ces deux sources : le lyrisme grec, mal compris, et le pétrarchisme dégénéré. — L'injustice d'Estienne a été de confondre dans une môme réprobation les versificateurs de cour et les grands poètes de l'Ecole. — I..es observations techniques qu'il a faites sur la versification de Du Bellay complètent sa critique littéraire. P. 177 à 182.

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