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62 IIISTOIUE DE i/œLVHE FRANÇAISE
s^ajouter aux soucis et aux embarras qui en sont la conséquence. Pour causer plus longuement avec son ami, il attend cpi*il ait l'esprit un peu plus reposé K
Malheureusement la guerre reprend entre la censure et lui. Voici ce que nous lisons sur les registres du Conseil, le 8 septembre 1381 2.
« Henry Estîennc estant ici appelé pour avoir imprimé sans congé les Epistres de Ligonius ', Sadolet, Muret et aultres sans licence et congé de la Seigneurie encore que Guillaume Des Maris qui Timprimoit pour le lut/ * le luy eust rendu parce que Messieurs n'a voient pas été d'advis de les imprimer chez Monsieur Pcrrot au moins totes, iceluy ouï le confessant néanmoins cstimoit que Messieurs s'en fussent du tout remis à Monsieur Perrot, a esté arreslé que bonnes remonstrances lui soyenl faistes et en oultrc qu'il soit condamné a vingt cinq escus d'amende '. »
Ces épilres font partie du recueil de lettres « écrites en style cicéronien » dont il a été question plus haut. Le Conseil «osait maintenant frapper Estienne pour un livre qu'il dédiait au roi de France ^. Cette fois, et c'était, si nous comptons, la sixième qu'Estienne était puni ou blâmé au nom des édits sur l'imprimerie : c'en était trop! Estienne ne se révoltera plus, mais excédé au fond de son âme, il cherchera à vivre le plus possible hors de Genève. C'est d'abord du côté de la France qu'il se tournera.
Il passe encore les années 1582-83 à Genève ^ ou dans sa campagne de Viry. Ce qui le prouve, ce sont les impressions de ces
1. !•' aoùtlôHl (de Gcni'vc). Dans PatsoWj Icllre XI ; v. aussi dans Maittaire, p. J21, la lettre que Sa nihucu s adresse A II. Estienne « à (icnèvc », 3 cal. mai 1581.
2. Reg. du Conseil, année 1581, f" 147. Nous transcrivons le passage tel que nous l'avons lu.
3. Sic. Le scribe a écrit lÂffonius. Il faut lire Loriffolius. lAk bévue est sans doute énorme. (>;llc où est tombé Henouard, sur la foi de je ne sais quel lecteur, est au moins curieuse : ils ont transfonué Ligonius en ÀV(;^oniu.s et rapporté un prétendu arrêt du Conseilj daté du 1"' septembre 1581 « condamnant Estienne poiu* avoir imprimé sans permission C Sigonii Fnsti contuLires «. Et Renouard a cru à Tcxistcnce d'une édition de Sigonius faite par Estienne, édition que d'ailleura il déclare n'avoir rencontrée nulle part! (V. Renouard, .tnn.,p. 427.)