Du 13 au soir ou du 11 au 19 au soir
7. « D'autant qu'il nie avoir tenu lesdicts propos comme ilz ont esté rapportés ». Ces propos n'en sont pas moins historiques. Ils sont exactement les mêmes dans les deux procès- verbaux du Consistoire et du Conseil.
LE PROCÈS DES DULOiiUES 61
changement de délibération ^ ». Donc Estienne n'avait pas changé de resolution : mais c^est le mauvais vouloir du Conseil qui Tobligeait à rester à Genève ! — Qu'on lui donne « au moins, pour ['advenir, moyen de s'asseurer qu'il pourra jouyr d'une plus grande tranquillité d'esprit en vostre ville, chose nécessaire à gents qui suivent les lettres ». « On Ta molesté pour une chose jà passée et qui vous estoit venue à notice, voire depuis deux ans, depuis lequel temps luy, au contraire, tant en France qu'ailleurs, auroit fait tout debvoir de bon bourgeois, quant à sous tenir l'honneur de vostre ville, tant en général qu'en particulier. » Ces lignes confirment et résument l'argumentation que nous avons établie i)our expliquer toute cette histoire. Si « la crainte qu'il a de vous le chasse de sa maison à son grand regret, aucuns tascheront de persuader au Roy que la bonne affection qu'il a monstre luy porter (comme aussi je sçay qu'il la lui porte grande) le vous rend odieux - ». Sur cette mise en demeure le Conseil fait une première réponse que l'ambassadeur trouve encore insuffisante ; il écrit derechef et il obtient enfin c< qu'on octroie au dict Estienne... asseurancejusques au premier octobre 3 ».
Là se termine le procès des Dialogues, mais non les démêlés d'Estienne et du Conseil I Nous voyons cependant que cette année on le laisse assez tranquille : lui se soumet aux édits sur Timprimerie *. Enfin le 30 août 1580, il comparait en Consistoire : « reiquiert la cène luy estre remise, à luy deffendue pour avoir usé de quelques propos aigres et oppiniastres, avec irrévérence à Tencontre du Concistoyre; recognoist sa faulte ». La cène lui est remise^. Assurément il voulait avoir la paix ! Mais observons que le Consistoire avait une autorité morale et religieuse très différente de Tautorité politique et civile du Conseil, distinction que Henri Estienne avait certainement faite. Malgré l'indépendance de sa pensée et des griefs légitimes, il n*a jamais voulu rompre avec rÉglise réformée : cette démarche le prouve une fois de plus.
Il passa encore toute une année à Genève. En 1581, il perd sa seconde femme : Barbe, fille de feu Claude de Wille, qui lui avait donné huit enfants, dont Paul et Florence, mariée à Casaubon. 11 écrit à Crato le chagrin que lui cause cette mort, et qui vient