‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 72 sur 533 · V. sur ce poème latin notre appendice III · texte numérisé non relu

V. sur ce poème latin notre appendice III

72 HISTOIRE DE l'œUVRE FRANÇAISE

temps de commencer deux ou trois livres qui seront achevés par d'autres mains K C'est hors dé son foyer que la mort le surprendra , à l'hôpital de Lyon (janvier 1598) 2.

Cette dernière période de sa vie vaudrait assurément la peine d'être étudiée de près. Nous en avons retenu seulement les grands traits qui achèvent la physionomie morale de l'homme. En même temps, il nous est permis de mieux voir la place importante que Thistoire de l'œuvre française a tenue dans la carrière si remplie du polémiste et du savant.

Qu'était Henri Es tienne au physique? Nous n'avons aucun portrait qui nous l'apprenne ^ ; un seul détail nous a été transmis par le Scalif/erana sur la façon dont il s'habillait « à la parisienne, avec des bandes de velours pendantes * ». Est-il permis de juger de ce qu'il devait être par la figure de son père, que la gravure a reproduite '• ? Robert Estienne avait le front large, les pommettes saillantes, le nez long et effilé, le regard pénétrant : un peu d'Erasme, mais sans cet air de méditation calme et profonde qui donne tant de vie au célèbre tableau d'Holbein. Robert Estienne avait sans doute plus de brusquerie et de vivacité extérieure qu'Erasme. Et c'est bien sous cet aspect qu'on se représente volontiers son fils Henri, dans l'âge mûr : avec cependant moins de gravité que son père, plus de feu dans le regard et plus de finesse au coin de la bouche, avec aussi une mobilité inquiète de la physionomie et du geste, comme le reflet de son propre caractère.

La vieillesse et les déceptions avaient aigri le caractère de Henri Estienne. Ce furent naturellement les siens qui en souffrirent. Casaubon s'est plaint de la morosité et de la rudesse de son beaupère. Mais l'expression . qu-il a donnée à ses reproches n'étaitelle pas très exagérée? Il est sans doute regrettable pour tous

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