Vol. de Lyon, 374. Regretta éd. Liseux, sonnet
7. V. Montaiicnc, Journal du Voyage en Italie ^ éd. d'Ancona, /MMim, et notamment le portrait de Grégoire XIII, p. 215.
H. ApoLf II, 416 et suiv.
La société laïque; les mœurs et les institutions, — Préoccupations morales de H. Estienne; il condamne ceux qui sont » liomicides d'eux-mêmes », les . blasphémateurs et les « athéistes » ; son jugement sur Rabelais et sur B. Des Pérîers; « le lucianisme ». — Intérêt littéraire de YApologle.
C'est encore au nom des principes théologiques qu'Estienne juge son temps et qu'il le condamne. Les crimes dont l'histoire moderne est remplie découlent de la faute originelle * ; ils « nous font sentir la main de Dieu plus rude sur nous que jamais d et découvrent aussi « les ruses de Satan, notre ennemi mortel * ». Toutefois Técrivain ne soutient jamais bien longtemps ce ton monotone de la prédication; il en prend un autre, et moins sévère, dès qu'ayant exposé la doctrine il passe aux exemples.
^près Maillard et Menot, Estienne dénonce la lèpre de l'usure, les « larrecins » des Bnanciers ^ et des marchands, les sophistications des apothicaires et l'ignorance criminelle des médecins ^. L'usure a palliée » partie en argent, partie en marchandises, nous fait penser au fameux mémoire d'Harpagon ***. Ces gens-là, juifs ou lombards, rongent jusqu'aux os ceux qui leur empruntent ^. « O vous qui estes les femmes de ces usuriers, s'écriait Barletta, si on mettoit vos robes sous le pressoir, le sang des povres en sortiroit '* » .
La satire de la justice inspire à Estienne des pages éloquentes. Voyez, par exemple, tout un passage écrit dans une langue colorée et juste sur la charité « gelée » et la justice « aveugle® ». Aux juges intéressés il oppose « ce grand législateur qui voit trop mieux les cachettes des cueurs humains que nous ne voyons les faces '-*. » Parlant de la cour du parlement, il traduit ce qu'en disait Menot « qu'il souloit estre la plus belle rose de France , mais que cette rose a esté depuis teincte du sang des povres, crians et plorans après eux*^ ». Ces juges « faisoient trotter les povres gens après