VIII INTRODUCTION
(les lettres, qui, ayant un beau jour quitté leur pays pour aller vivre à l'étranger, s'essaient et réussissent peu à peu à apprendre la langue et les mœurs de leur nouvelle patrie. Heine n'est i)as un Allemand qui s'est lentement et péniblement acclimaté en France : quand il vint chez nous, il était déjà à moitié des nôtres par son éducation première. Cette éducation, à demi française, l'état de l'Allemagne au début de ce siècle peut seul nous l'expliquer et c'est pourquoi nous avons dii raconter, avec quelques détails, l'occupation française sur les bords du Rhin et particulièrement à Dusseldorf, la ville natale du poète. Une telle page d'histoire, que nous avons écrite d'ailleurs, est-il besoin de le dire? à l'aide de documents imimrtiaux et presque tous allemands, est le commentaire indispensable des Reisebilder et, en général, de toutes les œuvres où éclatent les sympathies de Heine pour la France.
Mais, d'autre part, si Heine a aimé Paris et la France, il est, avant tout, un poète allemand et ses poésies sont incontestablement son i3lus beau titre de gloire. Or, il est toute une école de poètes qu'on ne peut se dispenser d'étudier, à propos de Henri Heine, parce que ces poètes furent ses premiers maîtres : nous voulons parler des romantiques. Nous avons donc abordé ce problème, si difficile à résoudre : qu'est-ce le romantisme allemand ? Avons-nous fait à cette question une réponse satisfaisante, avons-nous été assez
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heureux pour cueillir (c la fleur bleue » ? Xous comptons, en tous cas, sur Findulgence de ceux qui ont cherclié, avant nous, cotte fleur symbolique du romantisme : ils savi')ir rianbicn elle jtrend plaisir à se dérober, surtnut à des yeux français.
Xotre étude, à la fois biographique et littéraire, embrass(^ tnute la jeunesse de Heine et va jusqu'à la publication du livre qui a rendu notre poète immortel : le Licre des Chants. A partir du moment où Heine vient à Paris (3 mai 1831) sa vie et ses œuvres sont mieux connues du public français ; c'est donc la période qui a précédé son arrivée en France que nous étudierons dans ce livre. Cette période est à la fois la plus intéressante et la plus glorieuse de la vie de Henri Heine : en le suivant, en eftet, de Bonn à Gœttingue et de Gœttingue à Berlin, nous apprenons à connaître lajeunesse allemande du commencement de ce siècle, les professeurs illustres que Heine eut pour maîtres ( r |)our amis, les sociétés d'hommes de lettres et <le femmes célèbres qu'il fréquenta le plus assidûment et dont il nous aidera lui-même à fairt^ le ])ortrait. Xous assisterons vn même tem])s à la format ion et l\ ré|)aii<.nissement de son -éiiie [i(iéîi(|ii<', ])uis<|iie, "laiis le> (l.'i'iiieis elia})itres, nous aurons à analyser siiec.'ssi\-. ■nient les divers ])(tèiiies de ce (( Livre des rlijinis .. (jui est. sans eoniivilit, l'ceuvre la plus ori,2-iiiaIe ctln plus Ix-llede Henri Heine.
-\"M- avMM- ('li' |irr-e. '(lé, duns notre travail, j)ai' mi