X INTRODUCTION
Allemand, M. Strodtmann, auquel nous devons de très utiles renseignements biographiques (1) ; mais, nous tenons à le dire, nous ne lui devons que cela. Même en ce qui concerne la vie de Heine, nous avons pu assez souvent rectifier ou compléter le biographe allemand. Pour tout ce qui regarde, soit l'histoire littéraire et politique de l'Allemagne à l'époque de Heine, soit l'appréciation des œuvres et du génie de notre poète, nous en revendiquons toute la responsabilité. Un auteur allemand (2) a dit que, même après le livre de M. Strodtmann, la biographie parfaite de Heine était à écrire. Nous ne nous flattons pas d'avoir été l'heureux auteur de cette biographielà : nous avons prétendu seulement être un biographe bien informé et personnel.
Un dernier mot sur nos citations. C'est un vrai plaisir, sans doute, de raconter la vie d'un poète : on a le droit, que dis-je ? le devoir charmant d'appeler
(1) M. Strodtmann est, comme on sait, l'auteur d'une biographie complète de Heine (ff. Heine' s Lehenund Werke, von Adolf Strodtmann. 2 Bande, Berlin. Franz Duncker, la 1'^ édition est de 1867-1869, la '^'^ est de 1874).
M. Stigand a publié en anglais une biographie de Heine : The Life, Worh and Opinions of Heinrich Heine. London, Longmanns, Green and Co, 1875. Notre ouvrage ne doit absolument rien au livre de M. Stigand. Mentionnons aussi une très courte biographie, plutôt une brochure qu'un livre, que M. Carpeles vient de joindre à l'édition populaire des œuvres de Heine {H. Heine's Biographie, von G. Carpeles. Hamburg, Hoffmann und Campe, 1885). Enfin M. Emile Montégut a publié assez récemment, dans la Revue des Deux-Mondes (15 mai 1884), une brUlante Esquisse littéraire sur Henri Heine.
(2) M. Carpeles, //. Heine Biographische Skizzen, Berlin (sans date), p. 116.
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la poésie au secours de la biographie et de la critique et d'interrompre de temps en temps son prosaïque récit pour écouter parler le dieu lui-même. Mais, hélas ! ce dieu va nous parler à travers des traductions, dans une langue qui n'était pas la sienne, grand et sérieux chagrin pour un critique qui aime son poète et voudrait le faire aimer î Nous aurons pourtant le courage de citer Heine très souvent et cela pour deux raisons : d'abord Heine a revu lui-même la plupart des traductions françaises que nous donnons ici (1) ; ensuite et surtout nous espérons que le lecteur qui sait l'allemand voudra bien lire l'original que nous donnons toujours en note.
Plutarque, qui est devenu, comme on sait, « le bon Plutarque », depuis qu'il a été lui-même si élégamment trahi par Amyot, raconte qu'un jour on invitait le roi de Sparte, Agésilas, à aller entendre un homme qui imitait la voix du rossignol. Agésilas s'excusa, disant qu'il avait encore dans l'oreille le chant du rossignol lui-même. Nous supplions nos lecteurs de suivre l'exemple d' Agésilas et de préférer à nos maladroites imitations françaises les chansons originales du rossignol allemand.
(1) Nous renvoyons généralement, pour les citations, à la fois à l'original {Œuvres complètes de Heine, publiées en allemand par Hoffmann et Campe), et à la traduction française qu'a publiée la librairie Calmann- Lévy.