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uniquement par ses instincts élémentaires, par ses besoins animaux. Légers, insoucieux, ignorants, prompts àToubli, incapables de profiter des leçons du passé, toujours prêts à se lancer tête baissée dans de nouvelles aventures, les Français vivent au jour le jour et se hâtent de profiter de l'heure présente — parce qu'ils pressentent peut-être que le crépuscule approche pour eux. Leur rôle, sans doute, est beau encore : ils sont toujours encore les comédiens ordinaires du bon Dieu ; ils restent toujours les acteurs principaux — "applaudis ou siffles — du grand drame universel., « La France n'est pas encore finie, conclut Heine, mais — comme tous les peuples, comme le genre humain lui-même — elle n'est pas éternelle, elle a peut-être déjà passé sa période d'éclat, et il s'opère dans ce moment en elle un changement qu'on ne saurait nier : sur son front uni se répandent quelques rides, sa tête légère commence à grisonner, elle se penche soucieuse et ne s'occupe plus exclusivement du jour présent ; — elle pense aussi au lendemain \ »
Cette dissolution de l'organisme social, cette dégénérescence de la France pourrait-elle être arrêtée, comme le supposent certains, par une restauration du bonapartisme ? Heine se montre très sceptique à l'endroit de ce remède. Il estime, il est vrai, qu'on fonderait plus aisément en France un Empire qu'une Répubhque : « Les Français, dit-il, dépourvus de toutes les qualités républicaines, sont bonapartistes par nature. Ils aiment la guerre pour la guerre ; même au milieu de la paix, leur vie n'est que combat et bruit • les vieux et les jeunes aiment à se divertir avec le son du tambour et la fumée de la poudre, avec toute sorte de jouets d'éclat- ». Il ne regarde pas comme impossible que l'armée — la partie la plus saine peut-être de la nation — ne renverse un beau jour le règne actuel de la bourgeoisie : « Le gouvernement du sabre serait donc la fin de la chanson, et la société humaine serait encore une fois régalée du vacarme de la gloire avec ses éternels Te