A la princesse Belgiojoso i
J*ai rbonneur de dire le bonjour à la belle princesse, en lui envoyant le petit roman de Sand. La petite femme que j'ai vue hier chez vous a un attrait dans sa personnalité, un je ne sais quoi, qui agit sur moi d'une singulière manière. Habitué à me rendre compte de tout ce que je sens, je cherche en vain de m'expliquer cette sensation. Je crois que c'est une nature très confusément agitée dont l'agitation est contagieuse pour des allemands aux grands yeux bleus; elle me fait mal dans l'àme, elle y éveille des regrets endormis, elle est douloureusement bonne, elle est gaiement méchante; je n'en veux pas et cependant j'en voudrais, c'est un charme. Si vous ne voulez pas rire, je vous avouerais que je la crois sorcière. Mais vous, Madame,, vous êtes un esprit fort et vous traitez de superstition tout ce qui n'est pas chinois et philosophie éclectique.
Votre très humble et très aprivoisé»
Ce 5 avril 1835.