Au même
Paris, 6 décembre 1855.
Mon cher Lévy I
Veuillez me dire pourquoi je ne reçois plus d'épreuves? je dois présumer que vous voulez retarder l'impression à cause du nouvel an; c'est aussi mon idée, que mon Livre ne doit paraître qu'au milieu du mois prochain (il se vendra bien sans l'attrait du cadeau d'étrennes), mais je désire pas l'interruption de l'impression; cependant, c'est votre affaire.
En attendant, ayez la bonté de dire à Fimprimeur que je désire revoir mon Manuscript et qu'il m'envoie ce Manuscript du 2« volume des Reisebilder en m'indiquant jusqu'où la composition est déjà faite; j'ai beaucoup de changements à faire dans les feuilles dont je n'ai pas encore reçu des épreuves, et si je les faisais à présent sur le Manuscript, le prote aura une besogne moins fastidieuse. Enfin je lui épargne une peine en ne faisant pas plus tard ces changements sur des épreuves déjà paginées.
J'étais si malade ces jours-ci que quelques compatriotes allemands qui sont venus à Paris pour voir l'exposition ont retardé leur retour en Allemagne dans l'espérance de pouvoir assister à mes funérailles; ils en sont pour leurs frais. Je suis encore très faible et abruti par la souffrance. Ne tardez pas trop de venir me voii^; ne craignez pas que je vous retienne trop longtemps à causer, je ne peux pas parler.
N'oubliez pas le Manuscript que je redemande pour
quelques jours.
Votre tout dévoué.