‹ Henri Heine, poèteChapitre 141 sur 142 · Elster, I · texte numérisé non relu

Elster, I

2. Écrite à Tencre par un secrétaire, probablement sous la dictée du poète, car ce secrétaire, qui écrit les substantifs avec une majuscule, doit être un Allemand. Le premier texte a été corrigé, au crayon, par le poète. ï-es additions autographes seront en italiques; les suppressions, entre crochets.

mots biffés par le poète, et en italiques les changements survenus sanar qu'une rature les annonce. On verra, en comparant entre elles les deux traductions, le chemin parcouru de Tune à Tautre.

Printemps.

Le courant entraine les ondes étincelantes. Qu'il est gentil d'aimer au mois de Mai! Assise au bord du fleuve, la bergère s'amuse à tresser de riants festons.

Le [plaisir] souffle printanier a fait éclore les fleurs; [elles] elles s^ épanouissent, elles exhalent leurs parfums les plus passionnés. [Mais du sein op] Et du sein [oppressé] oppressé de la bergère s*élève un soupir : Mes belles guirlandes, à qui les donnerais-je?

Voici que vient, chevauchant le long du rivage, un beau cavalier. [11 salue en passant] [En] Il salue avec une non-chalance juvénile. [II salue en passant] Les regards de la bergère, inquiets et troublés, le suivent [longtemps] [au loin les plumes de sa toque] longtemps. — Au loin flottent les plumes de sa toque, elles flottent et disparaissent.

Des larmes alors s'échappent aux yeux de la bergère et elle jette dans le [fleuve] ri volet ses belles guirlandes ; [que] le courant les emporte [et les oiseaux qui] [sur les br] [au bord] [sur les ormes] [ormeaux] [sur les arbres] [au bord" [sur les ormes] [sur] [broussailles] [les arbrisseaux" [ormes] [dans la feuillée] [les oiseaux se bequeltent et gazouillent : qu'il est gentil d'aimer au mois de may].

Alentours sur] [dans] [sur] [l'alouet].

Mais sur] [les sansonels] [à Tentour tout rayonne de joie] [Les sansonels sur les ormes se bequeltent et gazouillent] [l'alouette ch] [L'air est embaumé d'amour et] [Mais l'alouette se lève dans l'air des broussailles] [Au bord] [Alentour]. Sur les buissonSj sur les ormes [du rivelet sauvage] les oiseaux se bequeltent et gazouillent. Tout rayonne de joie, tout est embaumé d'amour. Qu'il est gentil d'aimer au mois de mayî

Ces deux épreuves suffiront sans doute pour qu'on

se fasse une idée du soin que Henri Heine apportait à la traduction de ses poésies. On voit, en comparant ici la dernière strophe au texte allemand, que le poêle, au lieu de traduire simplement le vers :

Die Nachtigall singt von Lieb' und Kuss'

a évoqué une vision nouvelle qu'il a traduite, après mille hésitations, par quelques mots simples et pénétrants. Le poète qui se livrait à ce travail était, depuis sept ans, miné par une terrible maladie : quel exemple pour un artiste, et quelle école de volonté!

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