VII. Tannhâtiser
Je donne ici, par curiosité, un exemple de traduction faite et refaite par le poète lui-même. Cet exemple servira à faire comprendre ce que les collaborateurs du poète ont tous rapporté au sujet de la conscience pénible qu'il voulait qu'on mit dans les traductions. En outre, on pourra s'apercevoir parla de la finesse avec laquelle Henri Heine sentait notre langue et confondre ceux qui ont prétendu qu'il savait mal le français.
Printemps *»
PREMIÈRE TRADCCTION '.
Le couraut entraine les ondes étincelanles. [Aimer, est si doux au printemps.] Qu'il est [chose si] gentil [le] d'aimer an mois de may. Assise au bord du fleuve, la bergère s'amuse à tresser d^amoureux festons.
Comme le plaisir printanier épanouit ces fleurs et les [fait repa] [gonfler] fait exhaler des [de parfums les gonfle I] [enivrants] parfums passionnés ! Du sein oppresse de la Bergère s'élève un soupir [profond], a Mes guirlandes, à qui les donnerai-je?
Voici [venir] que vient, chevauchant le long du rivage un 6ettM cavalier. Il salue en passant, [l'allure empreinte d'une] [son allure est empreinte] avec une juvénile audace. Les regards de la bergère [suit] [le suiv]y inquiets et troublés [suit] [son coursier Remporte] [la forme qui s'éloigne] [et suit] le suivent longtemps. Au loin flottent [encore] les plumes de [la] sa toque [son chapeau].
Des larmes alors s'échappent? des aux yeux de la Bergère et elle jette [ses guirlandes] dans le Gourant [qui les emporte] ses belles Guirlandes, le courant les emporte. Le Rossignol chante, [et] [il chan] il chante l'Amour et ses joies. — Aimer est [si doux] chose si gentille [au printemps !] au mois de mai.
Cette traduction, une fois corrigée, H. Heine la reprit en mains. Il la mît au net : nous avons son second brouillon autographe, écrit tout entier au crayon; puis, il la corrigea de nouveau. Désormais, nous nous contenterons de mettre entre crochets les