PRÉFACE. XI
fort a été injuste et paradoxal; comme il Test souvent, quand il a répété, en l'approuvant, ce mot de Tabbé de Voisenon :
« Henri IV fut un grand roi; Louis XIV ne fut que le roi d'un grand règne. »
La seconde partie de la proposition est aussi fausse que la première est vraie- Ce n'est point ici le lieu de l'établir; mais je ne voudrais pas que mon admiration pour Henri IV pût paraître à personne complice d'une exagération en sens contraire au détriment de Louis XIV, qui, tout compte fait, ne fut pas seulement le roi d'un grand règne.
L'œuvre traditionnelle et séculaire qui s'appelle la nation, la société, la monarchie française ne fut pas celle d'un seul auteur; si la Révolution française, qui a détruit la monarchie sans la remplacer encore par quelque chose de mieux, prétend avec raison garder sa part dans l'honneur du progrès moderne, en raison des grandes vérités qu'elle a rendues immortelles, elle ne peut avoir droit à la justice pour ses conquêtes et ses bienfaits, qu'à la condition de reconnaître et de respecter les conquêtes et les bienfaits de Charlemagne, de Saint-Louis, de