‹ Henri IV et l'EgliseChapitre 18 sur 54 · I. Sacre du roi à Chartres · texte numérisé non relu

I. Sacre du roi à Chartres

H- r.eddiiioii de l'aris.

[II. Soumission de plusieurs autres villes.

IV. L'atîairt.' de Tabsolution après Tambassade du duc de Nevers.

Suivant l'usage si chrétien qui remonte jusqu'au berceau même de la monarchie, Henri IV voulait être sacré. C'était

(1) B. N., Quatrains en l'honneur du roij Henrtj gvatr/cimn, roy il': Fiance et de Navarre, dans le recueil de V. L'Etoile, fol. iO, vers.

1 \\ IIEXRI IV CONTINIK

aux yeux des peuples comme aux yeux de l'Eglise ce qui imprimait le dernier sceau de roi catholique. Il paraît avoir tenu à ne pas commencer les opérations militaires avant la solennelle cérémonie.

Trois questions durent être préalablement résolues.

D'abord, la question du lieu. L'usage général avait assigné la ville de Reims. Mais il y avait eu d'assez nombreuses exceptions : par exemple, Pépin avait été sacré à Mayence, Charlemagne à Rome, Louis-le-Gros ù Orléans... Aux seconds Etats de Blois, il est vrai, avait surgi le projet de faire déclarer loi fondamentale du royaume le sacre du roi de France à Reims. Alais cette ville se trouvant encore aux mains des ligueurs, le conseil royal décida qu'il était parfaitement licite d'accomplir la cérémonie ailleurs. Chartres fut choisi (1).

En second lieu, la question de la matière du sacre. D'ordinaire aussi on se servait de la Sainte-Ampoule qui était précieusement conservée dans la même ville de Reims, et à laquelle, par conséquent, il ne fallait pas songer. Mais la Sainte-Ampoule ne pouvait pas être jugée liturgiquementplus indispensable que ne l'avait été la cité des liemi au point de vue des lois du royaume. Pour l'huile de l'onction, il suffisait

(I) Le premier motif de ce choix est ainsi marqué par Nicolas de Thou : » H (lo roi) fut mou ù ce faire pour la péculière dévotion que « ses ancestres, ducs de Vandomoi.s (comme Diocésains et principaux « Paroissiens) y avoient toujours portée... » {Cérémonies ubservcei au Sacre et Couronnement du Irèi-chrestien cl très-val rureux Hennf JV, Ro>j Jt France cl de Navarre, l';iris 159Z|. fol. 6, recto.)

de la bénédiction épiscopale. Mais voulût-on une huile d'une origine céleste, la célèbre abbaye de iMarmoutiers, près de Tours, pouvait la fournir. Dans cette abbaye, en effet, l'on conservait avec autant de dévotion qu'à Reims une fiole remplie d'une huile qu'un ange, selon la tradition, avait apportée et dont il s'était servi pour guérir les blessures du grand s.iint Martin, blessures graves reçues dans une chute (1). On décida donc de faire venir de Marmoutiers cette autre fiole miraculeuse.

En troisième li(iu, il s'agissait de savoir quel serait le prélat consécrateur. L'archevêque de Bourges, en sa qualité de grand-aumônier, semblait assez naturellement être désigné. C'était toujours le même Renaud de Beaune, qui avait présidé à la cérémonie de l'absolution. Mais l'évêque de Chartres, Nicolas de Thou, fit valoir ses droits d'évêque du lieu; et on lui donna raison (2).

(1) De Thou, Ilistur., lib. CVIII, cap. xvin : « ... Quippe quo cxn « annis ante Clodoveum sacro lavacro ta S. Reinigio suscsptum, « beato Martino per scalas forte prolapso, cum exunimis jaceret M iii cellula, Angelum nocte visura tanquara salutari uuguento ejus ' vulnera eluisse et contusi corporis supedinisse livores tradit Sul- « picius Severus;atqiie ita postero die restitutum sanitati Martinuni, « ut nihil uiKjuam pertulisseincomniodi putaretur. »

(2) La poésie s'occupa aussi alors de chanter cette préférence :

Heureux Evesfjue cliartrain

As encor eu ce grand lieur Davoir touché lic tes mains

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La grande cérémonie eut lieu le 27 février ibi)h (1).

Si on excepte l'évêque de Châlons, aucun des pairs du royaume n'y fut présent. On sait trop bien quels étaient ces grands dignitaires du royaume pour que nous le rappelions ici. Les pairs ecclésiastiques furent remplacés par les évêques de Chartres, de Nantes, de Digne, de Maillezais, d'Orléans, dont les noms nous sont déjà connus : c'étaient Nicolas de Thou, Philippe du Bec, Henri de Alagnan, Henri d'Escoubleau, Jean de l'Aubépine. Le prince de Conti, le comte de Soissons, les ducs de Montpensier, d'Epinay, de Retz et de Ventadour rf mplissaient le même rôle par rapport aux pairs laïques.

On alla processionnellement chercher le loi au palais épiscopal. Le cortège se composait des évêques de Nantes et de Maillezais, des chanoines de la cathédrale et d'un nombreux clergé. Les deux évêques tenaient toujours la place des

i.i' rlicf sacH' (II' ion Roy, In Hoy le plus arcoiiiply Qtt'aucun de s«s devanciers.

n''urciiws niaiiis qui l'ont oingt Do riniyle sainte des cicux (\ie l'Ango mosnif :ii)port:i Vu irraiid Prélat Tourungteois l'our )>roinpt remède à son mal.

iCi'y^tnonii'^ f>li>"^f'i'^r< .. toi .; rcrtn.^

(1) Ce môme compte-rendu nous dit que le roi se juvpara dans des sentiments de foi à la grande cérémonie, et que « la veille du « dimanche précédent lediet sacre, il ony eu la chapelle de S. Plat o sur la divine institution et ellicace di'- lu Sacrée Oi;ction des lloy;» « la prédication du vénérable docteur en théologie M' Itené Benoist, « curé de Saint-Eustache de PaHs... » {Ihiil., fol. 10 recto.)

évêques de Laon et de Beauvais à .qui, d'après un antique usage, revenait cette fonction. Le roi était étendu sur un lit de parade (1). Les deux évêques le soulevèrent et, quand il lut debout, on se mit en marche vers la cathédrale en chantant : « Voici que j'envoie mon ange pour qu'il marche devant « toi et te protège toujours; écoute ma voix, obéis à ma paie rôle, et je serai l'ennemi de tes ennemis, et je frapperai « ceux qui te frappent, et mon ange marchera devant toi. » Arrivé au grand autel, le roi fut présenté par les deux prélats au prélat consécrateur, et, les prières liturgiques terminées, il offrit à la cathédrale une très-belle châsse d'argent 5 puis il fut conduit sur le trône qui avait été dressé à l'entrée du chœur. Alors l'évêque de Chartres, assisté de ceux de Nantes et de Maillezais, lui lut cette requête : « Nous vous deman- (I dons de vouloir bien, en ce qui concerne chacun de nous et (I les Eglises qui nous sont confiées, conserver notre privilège (( canonique, notre législation et nos tribunaux, et prendre (1 notre défense comme un roi doit agir dans son royaume à <c l'égard de. chaque évêque et de l'Eglise qui lui est con- « liée (2). » Le roi répondit que telle était son intention et

(1) H était « vestu d'une chemise de toile de Hollande fendue M devant et derrière pour recevoir la saincte Onction, et par-dessus « sa camisole de satin cramoisi fendue aussi devant et derrière « pour mesme cause et pareillement d'une robl)e longue... * (Ibid., fui. 13 verso.) il ne faut pas oul)lier, poui- comprendre ces paroles, que les rois recevaient l'onction à l'épaule droite et au bras droit.

(2) La requête était en latin et le roi répondit dans la même langue. Voici la requête : « A nobis perdonari petimus, ut unicuique

liS llKNRl IV CONTINUE

que tels seraient les act«s de son gouvernement. Les prélats assistants demandèrent à l'assemblée si elle voulait Henri de Bourbon pour roi de France. L'assentiment ayant été unanime, le roi prononça ce serment dont il remit, en outre, une copie signée de sa main : «Voici ce qu'au nom du Christ je « promets au peuple chrétien qui m'est soumis : je promets ({ de travailler, autant qu'il sera en mon pouvoir, à ce que « tout le peuple chrétien de l'Eglise de Dieu jouisse en tout « temps de la véritable paix ; de veiller à ce que, dans toutes t( les conditions, toutes les rapacités soient refrénées, toutes « les injustices punies; de prendre aussi les mesures pour « que dans tous les jugements l'équité et la miséricorde tt soient observées, afin que le Dieu clément et miséricor- « dieux m'accorde, ainsi qu'à vous, sa miséricorde ; de m'ap- « pliquer avec un louable zèle et selon mon pouvoir à purger « les pays qui sont sous ma juridiction, de tous les hérétiques u dénoncés par l'Eglise. Voilà ce que je promets avec serment. « Que Dieu me vienne en aide et aussi ces saints Evan- « giles (1). )) Le roi descendit de son trône pour aller à

«i de nobis et Ecclesiis nobis commissis canonicuin privilegium et « debitam legem atque justitiain conseVvetis et defensionein exlii- « beatis, sicut rex in suo regno débet unicuique Episcopo et Eccleu six' sibi commissa;. » (Ibid.)

Ce que nous allons dire est également tiré de l'opuscule dont l'auteur est Nicolas de Thou, TtHéque mônio do Chartres.

(1) Nous ferons remarquer que dans cette phrase du serment : « Item de terra mea ac jurisdictione mihi subdita universos haere- « ticos ab E'jclesia denotatos pro viribus bona fide exterminare stu-

l'autel se revêtir du costume royal et recevoir les insignes dont les différentes parties ou objets recevaient préalablement la bénédiction épiscopale. L'onction sainte devait suivre. Quand elle fut achevée, le prélat consécrateur embrassa le roi et fit entendre ce cri trois fois répété : Vive le roil Les pairs en firent autant; et l'acclamation du prélat et des pairs tut reprise par le peuple, heureux, à son tour, de pouvoir adresser à la royauté consacrée par l'Eglise l'antique salut : Vive ie roil La messe solennelle commença. C'était toujours i'évêque de Chartres qui pontifiait. Il y avait eu une réserve relativement aux insignes. Le couronnement ne devant se faire qu'après la communion, ce fut seulement à cette instant que la couronne fut placée sur la tête du monarque. L'importante cérémonie était terminée ; et le cortège royal se dirigea vers l'évêché dans l'ordre qu'il avait suivi en se rendant précédemment à la cathédrale.

Le lendemain, Henri IV recevait dans la même cathédrale

« debo )), nous ferons, disons-nous, remarquer que le mot exterminare ne veut pas dire exterminer, comme on se plait assez souvent ù le traduire, mais bien chasser, bannir.

Nous ferons une seconde remarque. Bien des points du cérémonial suivi ne font point partie du Pontifical romain, soit avant soit après les corrections de Clément VIII. Ainsi, par exemple, de la requête du prélat consécrateur, do la demande aux assistants s'ils acceptent tel personnaire pour roi, et aussi du serment tel qu'il est ici formulé. Ces dérogations venaient des usages français. Le même cérémonial a été observé au sacre de Louis XIV : voir B. N., Recueil Fantanieu, vol. 163.

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et des mains du même prélat le collier de l'ordre du Saint-Esprit (1)-

Moins d'un mois après, le '22 mars, à la première heure du jour, Henri IV, grâce aux intelligences entretenues avec le gouverneur, Cossé-Brissac ('2), entrait dans la capitale de son royaume. Le Louvre, le palais, l'hôtel-de-ville, le grand et le petit Chàtelet et les points les plus importants furent aussitôt en son pouvoir. On n'avait rien à redouter du Juc de Feria ni des garnisons étrangères. Tout était calme dans la cité. Henri IV voulut aller immédiatement à Notre Dame pour

(1) Ibi'l., à la fin. Le roi prononça ce nouveau serment : « Nous, « Henrj-, roy de France et de Navarre, jurons et vouons solennelle- « ment en voz mains à Dieu le Créateur de vivre et mourir en la « saincte foy et religion Catholique, Apostolique et Romaine, comme « à tout lx)n roy très chrestien appartient, et plus tost mourir que « d'y faillir, de m;iintenir à jamais Tordre du benoist Saint-Esprit « sans jamais le laisser décheoir, amoindrir ny diminuer tant qu'il «« sera en nostre pouvoir, observer les Statuts et Ordonnance dudict « Ordre entièrement... elles faire exactement observer par tous ceux X qui sont et seront cy-apn'îs receuz audict Ordre... «

(■-') Avant la reddition on disait :

Paris, tu es perdu ; toi) gouverneur Kri&sac Métier» ton navire i-t iiii hris et ;ni sac.

Kt aprrs

l'nuids cour&^, Piri^: ion ^«mvernmir IJriKsir Sauvera ton n«virr ot du bris et du sac.

(Rr'jixtrnJown^, p. 21 i.)

DE SE MONTllER CATHOLIQUE 131

rendre grâces à Dieu de l'heureux événement. C'était vers les huit heures du matin (2).

On se mit en marche. Le roi, toujours à cheval, était accompagné d'un grand nombre de seigneurs et de gentilshommes. La foule se formait et acclamait. Les cloches de la cathédrales sonnaient à toute volée. Arrivé à Notre-Dame, le roi mit pied à terre; et, comme les officiers essayaient de repousser le flot humain qui se pressait autour de lui, il les invita à se tenir tranquilles en disant : « Us sont affamés de voir un roi (2). » EnTai^sencederévêque, dudoyenetdu chantre du chapitre, il fut reçu à l'entrée de la basilique [par un des archidiacres, entouré d'un certain nombre d'ecclésiastiques. L'archidiacre, portant un crucifix dans les mains, s'inclina profondément et lui tint ce langage éldvé : « Sire, vous (i devez bien louer et remercier Dieu de ce que vous ayant « fait naître de la plus excellente race des rois de la terre, <( vous ayant conservé votre honneur, il vous rende enfin ". votre bien. Vous devez donc en ces actions de grâces avoir « soin de votre peuple à l'imitation de Notre-Seigneur Jésus- « Christ, duquel vous voyez ici l'image et portrait, comme il (( a eu du sien ; alin que par le soin que prendrez de lui en k «( défendant et le soulageant, l'obligiez d'autant plus à prier « Dieu pour votre prospérité et santé, et que vous rendant

(1) LhUtps mivi/iv", de HliuI IV^ tum. IV, p. 12a, Circulnire ■^ur hi rédur.lion il<: P'iri^.

(2) Regislre-Joum'il de Henri IV, p. 217.

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« bon roi, vous puissiez avoir un bon peuple (1) »>. Le roi répondit f[ue pour tant de grâces reçues, c'était un devoir de témoigner au ciel sa reconnaissance et il continua à peu près dans ces termes : « Je ne sais véritablement comment je l'en « pourrai assez remercier, mais principalement depuis ma « conversion à la religion catholique, apostolique et romaine, « et profession que j'en ai dernièrement faite, en laquelle je « proteste, moyennant son aide, de vivre et de mourir. « Quant à la défense de mon peuple, j'y emploiorai toujours « jusques à la dernière goutte de mon sang et le dernier soupir « de ma vie. Quant à son soulagement, j'y ferai tout mon « pouvoir et en toutes mes forces dont j'appelle Dieu et la « Vierge sa mère à témoins (2). » Le roi baisa le crucifix, pénétra dans la basilique, et, s'étant agenouillé sur le prie- Dieu pour lui préparé dans le chœur devant le maître-autel, il fit ses prières et assista à la messe pendant laquelle on chanta le Te JJeum .

Durant la cérémonie religieuse, Cossé-Brissac,le prévôt des marchands et un échevin allaient par la ville faisant annoncer au peuple le pardon du roi, et distribuer partout l'ordre royal qui le confirmait et contenait en même temps la promesse de S,i Majesté, promesse en vertu de laquelle elle s'engageait,

(1) B. N Dans le recueil de P. L'Etoile, fol. X*: Comme le roif alh ihconlinent à l'Eglise de Nosire-Dame rendre grdce^ nolennellcs à Dieu, C'est Cette pièce de l'époque qui nous a fourni la plupart des rensei- ÇDCineiits sur la reddition de F'aris.

(2) Ihid.

en foi et parole de roi, à vivre et mourir en la religion catholique apostolique et roinaine, et à conserver tous ses sujets et bourgeois en leurs biens, privilèges, états, dignités, offices et bénéfices (1).

Grâce à ces annonces ou proclamations, la cité passa de la crainte àla confiance, de l'étonnement silencieux à labruyante allégresse. On se précipitait vers Notre-Dame. Le parvis et les rues adjacentes ne pouvaient sufffire à contenir la foule et les acclamations joyeuses du dehors pénétraient dans la basilique pour y dominer et couvrir la voix des chantres.

Quand le roi sortit, les acclamations redoublèrent au milieu des flots de peuple qu'il lui fallut traverser pour arriver au Louvre. « On ne voyait, dit un écrivain du temps, que '( signes d'allégresse merveilleuse, on n'oyait sinon acclama- <( tions de sincère et naïve bienveillance (2)... »

Moins de deux heures après, la ville avait retrouvé le calme de la vie ordinaire et, le jour même, les garnisons étrangères sortaient par la porte Saint-Denis, défilant devant le roi qui avait voulu se donner la satisfaction d'assister, d'une fenêtre, à leur départ.

Conformément à l'ordre royal qui avait calmé tant de craintes et donné tant d'espérances, un édit fut aussitôt rendu et enregistré. On décida que de solennelles actions de grâces seraient alors adressées au ciel. Ce fut comme l'octave de la ,

(1) Recueil de P. L'Estoile. L'ordre royal étaitdaté de Senlis, le 20 mars

(2) Ihid.

15 î HK.NRl IV CUNTINI K

reddition de la capitale, car ce fut huit jours après. On fit une procession générale, qu'on appela vulgairement la procès- 'iion du roi. Le roi, en elTet, y assista avec les principaux officiers de la couronne et de sa maison, le parlement, la chambre des comptes, la cour des aides et les autres autorités de la cité. On y porta la vraie croix, la couronne d'épines, le chef de saint Louis avec « infinis autres précieux reliquaires » , dit Cayct, qui appartenaient à «( toutes les églises et monastères de Paris et des environs (1). »

La poésie se fit l'écho de la joie de tous en célébrant l'entrée royale.

Après tant de combats dignes de tant d'histoires. Tout couvert de lauriers, tout chargé de victoires, ReviiMis voir, ô grand roi, les hauts murs de Paris; Et toi qui pour l'honneur nul péril ne refuses. Reviens tout plein d'honneur, après tant de périls, Cueillir les fruits de Mars dans le champ des Muses (2).

C'est un règne qui s'est inauguré par la gloire et qui se continuera pour le bonheur de la France.

Peuple, ce nouveau roi que tant de presse ceint, Aimé de ses sujets, de ses ennemis craint, Descend pour repurger de prodiges le monde ; Il vient faire régner la justice aux cités Kt dans les cham|)s déserts tle.urir la paix féconde. Trésors par hii du crel en terre rapportés (3).

(1) Cayct, Chronoingie nuven., liv. VI, p. 570.

(2) Du Perron : Stona-'i sur In vcnw flu lioy n i*aris. dans Diverses ctuvtrs, Pocaies, Paris 1622, p. 38.

(3) IbiJ.

Di: sp: montrer catmolioul: 15o

Et quand le même poëte (1) , dans l'énumération des grandes choses que la sœur du roi est appelée à contempler, écrit ce vers :

Venez voir de sa foi les illustres exemples,

nous ne devons y trouver que l'expression vraie de faits publics et récents. Car, dans la Semaine-Sainte, le roi avait assisté à Notre-Dame h la cérémonie de l'absoute (2) foi le par l'archevêque de Bourges, célébré la Cène, lavé les pieds de treize enfants qu'il servit ensuite à table, et, le jour de Pâques après l'olïice, touché publiquement, suivant un antique usage, dans le Louvre, six cent soixante pauvres atteints d'écrouelles et, dans sa chambre, trente autres d'une condition supérieure (3).

(1) Du Perron, p. Ù8 : Pour Madame «'/•«?• du Rmj.

(2jOn était partout témoin d'actes qui témoignaient de l'amour du peuple pour son roi partageant la même foi et pratiquant le même culte. Comme il quittait >'otre-Dame après la cérémonie de l'absoute: « Bon Roy, lui cria une femme, Dieu vous y gouverne et assiste tou- « jours par son Saint-Esprit à ce que vos ennemis soient dissipés et « confondus. — Amen, reprit-il tout haut; Dieu me fasse miséricorde M et à vous aussi. » (Rerfis/re-Jnunuil de Henni IV, p. 231.)

(3) De Thon, Hi^toi ., lib. CIX, cap. vi. — Cayet raconte ainsi le fait avec les const'^quences qu'il aurait eues. « Or, plusieurs ecciésias- « tiques, théologiens, séculiers et religieux de la dicte Université, « ayants encore du scrupule en l'esprit que ce n'estoit assez que le « Roy eust faist profession de la vraj'c religion, mais qu'il de voit estre « admis par le Pape et recogneu pour le fils aisné de rKgli.se, ayants « veu les dévotions particulières de Sa Majesté en la Semaine Saincte M et qu'ayant touché de six à sept cents malades des escrouelles dont 'I plusieurs recourent guérison, ce qui fut cognu d'un chacun, il n'y ■< eut plus du depuis qu'un mutuel consentement de recognoistre ."^a u Majesté. » {ChronoL noie»., liv. VI, p. 571.)

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