LA SCIENCE
commence par faire cette déclaration :
Je suis fille de la paix, j'estois en assurance, Je cherche le repos, je le trouvois en France \ Je veux avoir des grands l'amour et la faveur ; J'avois celle d'un Roy qui me portait honneur : G'estoit le grand Henry
le grand Henri,
amy de la science
Autant comme il estoit ennemy d'ignorance.
Ensuite, elle apostrophe l'Envie qui a armé le bras de l'assassin pour lui dire :
Mais ne pense pourtant que je parte si viste, Que je n'aje devant loué ce grand Héros, Que tu as mis, pensant le meurtrir, en repos. Tous les rares esprits, qu'en France je cultive, Feront ouyr son nom à Tune et l'autre rive \)e ce grand Océan qui, le monde enceignant. Va du Nort au Midy, du Levant au Ponant :
(1) Lnrmes de irixlesse, p. 22.
II vivra clans les vers ou dans la libre prose Que le docte François en son honneur compose.
Vos exploits, vos dictons, grand Prince, je vous jure. Du temps qui ronge tout ne sentiront l'injure, Je promets que partout les presses gémiront, Que vos dicts et vos faicts partout se chanteront.
La France alors intervient (1).
Hélas! après la mort de mon Roy, de mon père. De mon Prince, mon fils, mon époux et mon frère, J'attendois le secours, et j'entends les desparts ; Quand il faudroit venir, on fuit de toutes parts; Je cuidois qu'on viendroit pour essuyer mes larmes, Et on les rafraîchit par nouvelles alarmes.
On pense à me quitter! Qu'a desservi la F^ance, Qui puisse mériter qu'on rompe ralliance, Qu'on a dès si longtemps avec moy contractée?
Et bien, lienry est mort! Faut-il perdre pourtant Ce royaume accablé de ce triste accident?
Un dialogue s'établit entre la France et l'Espérance. La première fait appel à la puissance de la seconde pour faire abandonner les désolants projets de départ. Celle-ci se laisse persuader et se met immédiatement à l'œuvre. Le succès est complet. La Vertu, la Félicité, la .Fustice, la Force, l'Abondance et la Science consentent ù demeurer (2) et s'écrient toutes ensemble :
Vive, vive le Roy, trois fois que le Roy vive,
Et que le grand flEintr, son Père, en luy revive (3) !
(1) Larmes de tristesse, p. 24 : Le» regrets de la France.
(2) Ibid., p. 35 et suiv. : Seconde partie. (.1) Ibid.^ p. 49.