LA FORCE
rappelle d'abord la vaillance du roi et ses principales victoires ; pui.s elle continue :
Mais que sert tout cela réduisant en mémoire Tes exploits belliqueux, tes lauriers et ta gloire ? .l'augmente mes douleurs, j'avive mes souspirs. J'attise mes regrets et mes tristes désirs.
Après une véhémente apostrophe à l'assassin, la Force ajoute :
Pardon, Henry! Je veux vostre France quitter, Dans mon giste des Cieux pour m'aller habiter, Non, je ne m'en vay point à ton ennemy rendre Pour contre cest Estât quelque jour entreprendre. Mais si je peux des cieux aider ton jeune fils, J'auray tousjours à cœur, tousjours les fleurs de lis. .l'ay gravé trop avant Henry dans ma mémoire, Pour donner sur Looys jamais quelque victoire, \dle(i donc, grand Henry! Puissent à tous jamais ¥.t ton âme et tes os jouir de saincte paix.
l'abondance (2)
vient, i\ son tour, s'écrier :
C'est fait, ores il faut quitter La France, et au ciel habiter :
Adieu, la plus féconde
Terre de ce bas monde.
Oue peui-on, eu effet, espérer désormais de la féconditii du sol français?
.Si foute chose foisonnoit, C'estoit la paix qui les donnoit;
(1) Lui iii':s ilr tristi'isi'^ p. I:».
(2) Ibid., |). 1«.
Mais ceste mort desserre La foudre de la guerre
Celui qui
Il est mort, il est mort, hélas!
M'avoit, jadis bannie, En France restablie,
Mais avant le départ.
Knfin
11 faut sur ce Roy très-humain Mes fleurs verser à pleine main ; Toujours sur cette tombe Pareille pluye tombe.