‹ Henri IV et sa politiqueChapitre 112 sur 181 · Voyez notre cLapitre sur le Grand Desseiri · texte numérisé non relu

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2. Lettres inédites de Henri IV, recueillies par le prince Au- *^ustin Galitzin, p. 332.

f LA LUTTE CONTRE LA MAISON D'AUTRICHE. 257

I Dans l'impétuosité même de son légitime courroux, ! il ne sortait pas de la mesure : <c Je ne demande que le mien tout simplement', ï> répétait-il. Là, comme en toutes choses, il respectait d'autant plus le droit qu*il tenait davantage à ce qu*on ne le méconnût pas en lui. Cette ardeur avec laquelle il défendait sa propre cause, il l'avait employée d*abord à protéger ses alliés. Il se sentait blessé de toute agression qui frappait Tun d'eux ; attentif à leurs périls , entrant dans leurs querelles pour les pacifier, sachant leur représenter leurs torts avec autant de fermeté qu'il soutenait leurs justes griefs, secourable aux opprimés, impartial envers tous, il élevait sans cesse au-dessus de leurs passions contraires l'idée du a bien public, » comme prince a qui a pour règle et fin de ses actions l'équité ^. »

Ainsi il en était venu à rassembler autour de lui les adversaires divisés de la maison d'Autriche. Au nom des droits que personnifiait chacun d'eux, il avait gagné l'amitié de tous. Au Saint-Siégé et à l'Italie, il montrait, comme le but à atteindre, l'indépendance

i. Lettres inédites de Hq:^^ IV, recueillies par le prince Augustin Galitzin, p. 313. — Voyez aussi Matthieu, Histoire de Henri IV", p. 374. Il disait au légat a qu'il ne vouloit que le sien... ayant tousjours tenu pour principe de se contenter du sien, auss^jr bien que de n'en souffrir l'usurpation ny le ravissement. )>

2s Lettres missives, t. Y, p. 333.

nationale et la liberté de l'Église ; aux princes alli niands, la liberté germanique et le sceptre iropériaL»*arraché des mains de la maison d'Autriche. Il s'unû- Bait avec les Provinces-Unies pour leur affranchissement; avec l'Angleterre pour mettre à l'abri des menaces étrangères la couronne britannique.

D'un autre côté, il ménageait dans les négociations avec la Hollande l'intérêt des archiducs de Flandre, et la diversité de ses alliances offmit à tous, même à TEspagne» le moyen d'invoquer un jour son appui ou sa médiation. Chaque peuple trouvait dans son inter* ventionune garantie, et ceux qui, comme les Anglais, s'inquiétaient de sa prépondérance, étaient contraints, pour ne pas demeurer seuls, de s'associer aux ligues formées sous sa conduite. Il ne se passe pas en Europe une affaire importante où il ne domine : c'est lui qui a apaisé le différend de Venise avec le Pape ; c'est lui qui doit assurer la pacification de la Hollande; c'est grâce à lui que l'union des princes allemands sera conclue à Hall, et à Brusol celle des États italiens. En Orient, sa protection s'étend sur les chrétiens, et les navires européens parcourent sous son pavillon les mers du Levant. Exemple qui peint en un dernier trait la politique de Henri IV ! Il avait voulu que toutes les nations pussent envoyer leurs vaisseaux dans les ports de la Turquie, mais à la condition qu'elles se couvrissent des couleurs françaises. Il pla-

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