‹ Henri IV et sa politiqueChapitre 115 sur 181 · Id., t. H, p. 432, à M. do Berny · texte numérisé non relu

Id., t. H, p. 432, à M. do Berny

270 L'INFLUENCE FRANÇAISE. îT

à l'Espagne, travaillait à l'enfermer dans une ceintul^d'eunemis. De cette position l'Espagne menaçait Ifliu cantons suisses et dominait la Savoie : il arme latw premiers contre elle et lui retire l'alliance de la w* iconde. i.^

Dès 1602, Henri IV avait solennellement renouYelé:^; ses traités d'amitié avec les cantons protestants, etjav.j fidélité de ceux-ci fut telle qu'on les vit, au jour de la .\; révolte du duc de Bouillon, se préparer tous, et Zurich ■«: même, qui n'était pas compris dans l'alliance, pour la •:^ défense du roi ^ De la part des cantons catholiques déjà :; liés envers l'Espagne, il avait obtenu promesse de neu'« : tralité, sans préjudice des capitulations militaires en .; vertu desquelles il leva parmi eux six mille hommes, i lors de sa grande expédition • La Valteline, passage entre l'Italie et l'Allemagne, était le principal objet des envahissements de l'Espagne. On sait ce qui eu advint quand parut Richelieu. Fresnes-Canaye écrivait déjà en 1607 : « 11 y a longtemps que le tonnerre gronde, et ce sera merveille s'il n'esclate enfin par une rupture manifeste entre les deux couronnes^. » Fuentès avait établi, aux abords de ce passage, une forteresse sur laquelle était gravé, avec une inscrip-

1. Mss. suppl. franc., 1238*, t. VU. Lettre de M. de ViUcroy à M. de Bongars. Mars 1606.

2. Ambass. de Frcsnes-Canaye, t. lU, p. 623. 8 juin ifiOT, à M. de Salagnac.

I L'INDÉPENDANCE DE TITALIE. «71

L tkm menaçante, son propre nom. Henri lY, do con- ; cert avec la République de VenUe, accorda auxGriïOns Fenlretien d'une garnison qui leur permit de prottsier leur sécurité. Fuentès en vient alors aux violences oufertes : il étend ses troupes le long du lac de Cùme, anime les petits cantons, les excite contre les Grisons, retire à ceux-ci les gouverneurs et les magistrats favorables à la France, les remplace par des agents espagnols, et casse leurs traités avec Henri lY. Désinux d'ajourner l'heure de son intervention, Henri 1 Y stimule d'abord les haines provoquées par cet attentat; il encourage les Grisons, pousse à leur secours les Yéni* tiens, et, devant leurs incertitudes, se montre enfin prêt à marcher: les Grisons reprennent cœur, se soulèvent contre l'Espagne, chassent les créatures de Fuentès, rétablissent les traités avec la France, et les alliances d'un jour que leur avaient arrachées le gouverneur de Slilan sont publiquement déchirées '.

Que se passait-il, d'un autre côté, avec le duc de Savoie?

La paix de Lyon (1601), conclue entre Henri lY et ce prince, avait suscité de vives plaintes en Italie. Fa* tigué des lenteurs et des subterfuges à l'aide desquels le duc de Savoie se refusait à lui restituer le marquisat

I. Ambass. do Frcsnes-Canaye, t. UI.^p. 740, au cardinal du Perron. — Correspondance de Henri IV avec Maurice le Savant, dit. Uommel, p. Ho8. — Letirea mififiivfis, t. VII, p. a:i(i.

de Saluées, Ifenri IV s'était mis en campagne. Il avait^ pénétré danô les gorges de la Savoie : en peu de jours^ Chambéry, Montmélian, la Charbonnière, Conflans^- étaient tombées en son pouvoir : comme il le disait . gaiement, le duc de Savoie n'était plus que aie duo .' sans Savoie *. » Une fois vainqueur, le roi avait con* senti à renoncer au marquisat de Saluées, en échange /de la Bresse, du Bugey, du pays de Gex, du Val Romey et de la citadelle de Bourg. Il rendait ainsi à la France un territoire qui lui appartenait déjà par le langage; au lieu d'une place isolée en Italie, il étendait, sur les deux rives du Rhône, ses frontières jusqu'au pied des . Alpes, et tout en gardant sous sa surveillauce le duc de Savoie, il s'ouvrait des communications libres avec Genève, la Suisse et l'Allemagne.

Mais tandis que les Espagnols avaient Naples et le Milanais, il ne lui restait plus aucune possession dans la Péninsule. Séparée de Henri IV par les Alpes, l'Italie s'était crue abandonnée. On ne saurait peindre le découragement qu'elle en ressentit. « Elle devenoitvisiblement esclave, » disait le grand-duc de Toscane, depuis que « ses portes étoient fermées et les passages du secours bouchés^. » Autour de Henri IV, c'étaient les mêmes doléances, et le cardinal d'Ossat, le prési-

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