Mss., anc. fonds, 89()R. InstruMon a\i duo de Nevers, m t
Éroûdant h Rome pour faire obédience au pape Panl V,aua du roi, en septembre 1608,
r L'AFFRANCHISSEMENT DES PROVINCKS-ONIES. 81!
de zèle lee \œux de Henri IV, qu'elle voyait ses plans de réconciliation entre les puissances catholiques corapromifl par les longueurs de l'Espagne '.
Ënûn les ratifications de l'Espagne arrivèrent; les Anglais 6e réunirent de nouveau à la France, et, le 16 avril 1609, une trêve fut conclue à Anvers pour douze années. Ses principales dispoeilions avaient pour objet l'indépendance des Provinces-Unies et la liberté de leur commerce sur toutes les mers.
Restait à assurer le sort des catholiques.
Avant qu'il fût question de la paix, Henri IV, songeant à fortifier de ses arnaes la cause ébranlée des Provinces-Unies, les avait faitsonder sur le point de savoir si, en échange de son secours, elles consentiraient au hbre exercice de la reUgion catholique. Cette seule ouverture, soupçonnée de n'être de la part du roi qu'une tentative déguisée d'envahissement, les avait mises en une telle défiance, qu'elle les avait portées à précipiter à son insu la conclusion de la trêve avec les archiducs*. Ce fut pour Henri IV un avertissement. Il n'a garde de sacrifier à des nécessités politiques l'intérêt des cathohques; il ne manque
1. Négoc., p. BfO. Villefoy au président Jeannin. oLe nonce du pape loue !a conduite de la France d-inatoutes ses parties.» 16 décembre imn.
2. Correspondance de Henri JV avec Maurice le Savant, édit. Rommel, p. 350. — Inslructtm à MM. Jeannia et do Russy au commencemont des Négociations du pi^sideut Jeannin.
aucune occasion d'appeler sur eux la sollicitude des ? Etats, et leur liberté entre toujours dans les conditions auxquelles il subordonne un concours armé de la ^ France. Mais il s'applique à dégager leur cause d*une solidarité funeste, et, en prescrivant à ses envoyés de poursuivre en son nom l'amélioration du sort des catholiques , il leur recommande de mettre à les soutenir autant de réserve que de persévérance.
C'était encore le conflit de la politique espagnole et de l'intolérance protestante qui s'agitait : conflit où les deux adversaires se prêtaient mutuellement des armes, l'Espagne voulant imposer, comme un dernier témoignage de la souveraineté qu'elle abandonnait, la liberté des catholiques ; les Provinces-Unies saisissant, dans la crainte faussement évoquée d'une complicité des catholiques avec l'Espagne , le facile prétexte de leurs refus. Les Anglais qui , sur les autres points de la négociation , se perdaient dans leurs incertitudes, reparaissaient ici pour appuyer les Etats, et leur politique tortueuse menaçait par ce seul endroit la prépondérance de la France. « Il y a peu d'espérance, écrivait Jeannin à Henri IV, que les Etats donnent en effet à Votre Majesté le consentement qu'elle désire pour le rétablissement de la religion catholique dont, toutefois, nous ne laisserons de faire remontrance selon la charge qu'il lui a plu nous donner... Il est vrai qu'il y faut procéder avec une teUe. circonspecti
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qu'ils ne demeurent offensés au lieu d*ètre persuadés; car c'est en cette conformité de religion que rAnglais essaye de prendre avantage sur nous ^ y>
Cependant Jeannin ne renonçait pas à Vespoir de tourner ces difficultés. Avec la même clairvoyance qui lui a^ait fait chercher dans une tréye à longues années la chance lointaine, mais unique, d'une paix définitive, il jugea que tout effort serait inutile tant qu'il s'agirait de mettre dans le traité une clause qui fit de la tolérance une dette des Etats envers Tespagne, un titre de celle-ci à la gratitude des catholiques. Si les Etats consentaient à diminuer leui*s rigueurs, que chaque jour aggravait*, ce ne pouvait être qu'à la considération de la France, et de leur pleine autorité. 11 régla sa conduite sur ces prévisions, s'opposant à l'Angleterre pour appuyer les demandes que formaient sur ce point les archiducs^, mais se séparant de l'Espagne pour témoigner de son respect envers l'indépendance des Province-Unies et réclamer de leur absolu pouvoir la liberté religieuse.