‹ Henri IV et sa politiqueChapitre 142 sur 181 · Laudamus hanc egregiam mentem et pietatem tuam · texte numérisé non relu

Laudamus hanc egregiam mentem et pietatem tuam

Terre Sainte et les religieux de Péra, remerdantl;

M. de Brèves de a ses innombrables bienfaits enver»la sainte Église * » et du zèle avec lequel il avait tant ^ de fois, sur Tordre du roi de France, couvert de sa : protection a les lieux saints arrosés du sang trè^ r précieux du Christ ^. » Mémorables témoignages h js l'ombre desquels peut s'abriter contre de violentes -^ attaques ou d'injustes comparaisons la politique de la ;^ monarchie française en Orient!

Ils étaient innombrables en effet, comme disaient les religieux de Péra, les services que l'envoyé de France avait rendus à la chrétienté. Que de persécutions arrêtées! Que d'institutions fondées et protégées! Plus de douze cents esclaves doivent à Savary de Brèves leur liberté. Par lui l'église de Saint-Nicolas est soustraite aux, fureurs du fanatisme; par lui les Jésuites, en dépit des résistances de l'Angleterre, sont admis à Péra. Une foule de renégats, que la frayeur avait poussés sous le joug du Croissant, rassurés

« dignam viro nobili et pio et christianissimi régis oratore. » Bref du 20 avril i603.— Voyez aussi les brefs du 10 mai et du 30 août 1603.

1 . « Innuraerabili beneficy alla Santa Ghiesa, in tutte le oc- K casioni che se gli sono presentate... » Lettre des religieux do Péra. 22 décembre 1604.

2. Lette du custode do Terre Sainte. 16 mai 1602. — Voye» une autre lettre du nouveau custode, César de Trino, du 8 septembre iOOo. — Tous ces documents sont contenus dans la Relation des voyages de M* de Brèves.

laaiûteDant par la sollicitude de la France, rentrent daos le sein de TËglise. La Palestine se relève de l'abandon où Tiniluence britannique l'avait laissée. £d 1600, le sultan interdit tout à coup les pèlerinages aux Lieux Saints : il ordonne la transformation du Saint Sépulcre en mosquée et l'emprisonnement des Franciscains. Brèves élève aussitôt ses réclamations : il menace le Grand Seigneur d'une coalition des princes de l'Europe, à la tête desquels se placera Henri IV, <* mon roy, dit-il, comme prince très chrestien et très pieux*, » et les religieux demeurent libres ayec le tombeau confié à leur garde.

Cette énergique attitude ne faisait que répondre aux vœux pressants de Henri IV. Dans les lettres mêmes où perçait le désir d'employer contre la puissance espagnole l'alliance de la Porte, il recommandait à son envoyé la situation des Lieux Saints. A la veille de revenir en France, Brèves sollicita du roi l'autorisation de faire le pèlerinage du Saint Sépulcre, Henri IV, en la luiaccordant, lui répondait: ce Puisque vous voulés voir les lieux saincts et Hierusalem, je vous permets de vous donner le contentement de faire ce voyage, et suis asseuré que s'il y a moyeç.

\ . Discours véritable fait par monsieur de Brèves du procédé tenu lorsqu'il remit entre les mains du roy {Louis XIII) la personne de monseigneur le duc d'Anjou, 1618, p. 18. A la suite de la RekUion des voyages de M, de Brèves.

d'y profiter pour mon service, vous n'en perdréd roccasion. J'auray bien agréable que vous favorisiez autant qu'il vous sera possible le repos et la seureté du sainct sépulcre, comme des religieux qui y résident et des pèlerins qui s'y vouent*. »

On vit donc le 15 mai de l'année 1605, sur sort vaisseau décoré de mille bannières, au bruit des , trompettes et des tambours se mêlant avec les salveS d'artillerie, l'ambassadeur du roi Très-Chrétien quitte? solennellement la plage de Péra pour se rendre au tombeau du Christ ^. Miini des firmans du sultan *, il allait porter sur ces mers et dans ces contrées où la plus odieuse tyrannie n'avait pu éteindre les rayons de la foi chrétienne, le nom et les bienfaits de la France. Le voilà abordant aux îles de l'Archipel, et appelant sur les évêques grecs qui les dirigent la bienveillance des gouverneurs ottomans. 11 passe devant Rhodes, où la peste l'empêche d'entrer, visite succès^ sivement Satalie, Chypre, Tripoli, et de là se rend au Liban, dont il a aperçu au loin aies grandes montagnes, élevant leurs tqstes blanches bien haut pardessus les nues ^. » Le pays est en fête pour le recevoiré Les cloches sonnent à son entrée dans le couvent de

\. Lettres missives, t. Vï, p. 260. 24 juin 1604.

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