Relation des voyages de M, de Brèves, p. iil
Hli 1/INFLl'ENCE FRANÇAISE.
Ir'^ssaillent en présence de cet envoyé d*un fils de saint Louis, recevant le corps du Sauveur à la phce où fut armé Godefioy de Bouillon. Il s*enquiert des besoins des religieux; il veille à Texécution des com mandements qu'il a obtenus du sultan, et ne quitte la Terre Sainte qu'après avoir garanti, pour quelque temps au moins, sa sûreté et son repos*. Il s*embar« que ensuite pour Alexandrie; il s'arrête devant les Pyramides. Arrivé aux frontières de rÉthiopie, il confère avec les évoques coptes et leur patriarche, regardé dans ces contrées comme le « Souverain Pontife. » Quelques années après, devenu ambassadeur à Rome, Brèves recevra dans la Ville éternelle plusieurs de ces mêmes évêques. Il les présentera soumis et réconciliés au Saint-Père, et, rappelant alors la visite qu'il leur a faite autrefois, il se rendra ce témoignage que ses conseils n^ont peut-être pas été étrangers à leur conversion*.
Nous pourrions suivre ainsi notre ambassadeur dans le reste de son voyage; nous le verrions tour à tour à Tunis, à Bône, à Alger, retrouvant sur tous les rivai;os et jusque dans les tentatives de vengeance desBarhiircsques, dont il a fait naguère châtier les brigandaf^os, le nom redouté de la France. N'oublions pas du moins qu'à Tunis, dans une ville asservie à la domi-
\ . Discours véritable fait par M, de Brèves, etc., p. 22. ^2. W.,p. 23.
I Dation des janissaires, Brèves obtint « ce que le grand I ?izir n*eût jamais pu impetrer \ » la délivrance de deux cents esclaves et un traité de répression contre les pirates anglais.
Cette sollicitude que la Royauté accordait aux catlio* liqueSy elle retendait en Orient à toutes les communions chrétiennes, comme à toutes les nations de TEurope la bYeur de son pavillon. Contre les envahissements des Grecs, elle protégeait les catholiques, et ce fut ainsi que dans les lies de rArchipel, Brèves fit restituer au clergé I latin les évéchés qu'avaient usurpés les schismatiques. Hais contre le Croissant elle soutenait tous les chrétiens. On a vu l'ambassadeur recommander les prélats grecs aux chefs ottomans; quand le sultan, irrité des entreprises du grand-duc de Toscane sur l'île de Chio, voulut en punir cette île elle-même, ce furent les évêques grecs comme les évêques latins que l'initiative de Brèves déroba à ses fureurs ^. Pendant qu'il s'entretenait des vérités de la religion avec les prélats coptes, les Jésuites, à Constantinople, travaillaient, sous les auspices de la France, à la conversion des chrétiens séparés. En Orient aussi bien qu'en Europe, la France ménageait par la tolérance et la persuasion le retour de l'unité de foi.
En même temps, elle obtenait le renouvellement ou