OKc. royales, t. VllI, p
La confédération .était placée sous sa suzeraineté : Wi le duc de Savoie devait soumettre à l'approbation du h - Souverain Pontife l'établissement du royaume deLonH ioe bardie, et la république de Venise lui rendre hommage pour la Sicile.
Restaient la république helvétique et la république des Provinces-Unies.
Aux treize cantons suisses s'étaient déjà associés par un pacte fédératif la république de Genève^ Pabbé de Saint-Gall, les Ligues grises etla Valteline.Henril? prétendait leur adjoindre, au rapport de Sully, le TyroK l'Alsace et la Franche-Comté. Les confédérés n'eussent formé qu'un seul corps d'État, fe'ans cesser, comme les principautés italiennes, de se gouverner chacun par leurs lois particulières.
Quant à la république des Provinces-Unies, son indépendance, stipulée par la trêve de douze années, lui était définitivement garantie. Mais de quels territoires se trouvait-elle composée? Les QEconomies royales offrent, sur ce point, deux versions différentes* : l'une réunirait aux Étals affranchis les Pays-Bas espagnols, et ne ferait des dix-sept provinces qu'une seule république ; l'autre partagerait les possessions espagnoles, ainsi que le duché de Clèves et de Juliers, entre les princes allemands, les Provinces-Unies, l'Angleterre
\, (Ec. royales, X. MIU, p. 237 ci 337.
etU France. Nous ne trouvons rien dans les actes de Henri IV qui laisse soupçonner de semblables projets, et ils nous paraissent, le premier surtout, bien peu ?raisemblables. Lorsqu*on se rappelle la conduite ambiguë qu'avaient tenue les Provinces-Unies, l'influence qu'elles laissèrent parfois prendre à la Grande* Bretagne et l'espoir qu'avaient nourri les Anglais de rétablir avep elles Talliance de la maison de Bourgogne, on £^ peine à penser que Henri lY, souvent ému 4e ce péril ^ ait voulu lui ouvrir la voie, en fortifiant lui-même )a puissance dont il avait à le redouter.
Un autre dessein plus équitable et plus politique l'avait préoccupé, c'était de rendre également indépende^ntes les provinces catholiques, et en les plaçant 80US la domination d'un prince catholique comme elles, o^ais rattaché par des liens étroits à la France, de les mettre en mesure de balancer utilement les provinces protestantes. Tel eût été l'avantage des propositions agitées, durant la négociation des Provinces- Uûies, entre l'envoyé d'Espagne don Pedro et Henri IV.
4. Voye» par exemple : Négoc, du président Jeannin, p. 208. • Le but de ses (de Jacques \^^) pl•i^cipau]( cooseillers a tou* jours été de faire revivre Talliance de la maison de Bourgogne contre la France^ par. le moyen de leur conjonction avec les archiducs, auxquels à cette fin ils souhaitent la paix des Pays-Bas, et non une association contre eux qui rende leur alliance bourguignonne moins utile, n Henri IV au président Jeannin. 13 novembre i607.
Les États catholiques, séparés de TEspagtie, auraient ' été dévolus au second fils de Philippe III, qui eût ; épousé madame Christine, seconde fille du roi de France. Henri IV donnait les mains à cet arrangement : le Souverain Pontife l'appuyait de tous ses efforts. La cour de Madrid, comme nous l'avons vu, le fit échouer en exigeant de Henri lY qu'il s'unit avec elle pour rallier sous le même sceptre les Provinces- Unies, dentelle se refusait à reconnaître la liberté. Cette liberté était au contraire la condition préalable que Henri IV mettait à son consentement. Il fit savoir au Saint-Siège sa volonté formelle de n'y point renoncer, et la négociation fut abandonnée. Mais Henri IV n'en perdit point le souvenir. Après avoir obtenu en principe l'indépendance des Provinces-Unies, il voyait s'ouvrir devant lui une guerre d'où l'Espagne sortirait affaiblie. L'Espagne réduite, il comptait revenir à elle ; il la déciderait à se défaire de toute prétention sur les Provinces-Unies, et à conclure entre les enfants des deux couronnes ce mariage qui, affranchissant les Flandres sans les associer aux États de Hollande, eût garanti contre eux nos frontières. Le roi avait entretenu de ces projets Marie de Médicis, et le cardinal de Richelieu, en les rapportant, estime que si Henri lY eût vécu, il les eût exécutés*.
i . a 11 y a lieu de croire que le roi se proposoit^ s'il eût vécu encore dix ans^ travailler tellement l'Espagne par la guerre des
- Et la France, quelle destinée lui était faite dans ces combioaisoDS? Devait-elle être la seule à ne rien recueillir des avantages qu'elle procurait au monde? Ici encore nous ne saurions nous régler uniquement d'après les Mémoires de Sully, ou plutôt c'est^ans la diversité de leurs assertions que nous chercherons la vraie pensée de Henri IV. L'opinion du ministre n'est pas douteuse : il est d'avis que la France ne doit point s'étendre. Mais, tout en prêtant à Henri IV des plans conçus dans cet esprit, il laisse voir que le roi ne les a pas admis. « Ëh quoi! lui dit ceprince, voudriez- vous que je despendisse soixante milUonspour conquester des terres pour autruy, sans en retenir rien pour moy? Ce n'est pas là mon intention*!» A l'appui de ces paroles, il lui demande (c'est encore Sully qui nous l'apprend) un rapport sur la situation de la France et sur les agrandissements
Hollandois, que, pour se priver des dépenses indicibles qu'il loi falloit faire pour conserver la Flandre, elle se fût enfin résolue d'en donner la souveraineté à un de ses cadets, à condition qi^épousant une de ses filles, il eût moyenne avec les États une bonne paix, dont il eût été d'autant plus volontiers le ciment qu'il s'y fût trouvé obligé par les intérêts de son gendre et de sa fille, et parla plus haute considération que la France puisse avoir devant les yeux sur ce sujet, étant certain que voir diviser les provinces de Flandre du corps de la monarchie d'Espagne est un des plus grands avantages qu'elle et toute la chrétienté puissent acquérir, d Mémoires du cardinal de Richelieu. Collection Michaud et Poujoulat^ t. XXI, p. i4.