CEc. royales, t. VIU, p. 84, 2. Id,, p. 0i
LE GHAND DESSEIN. 407
raine deviendra une province française*. Enfin, tandis qu'il projette l'indépendance des Flandres espagnoles sous le gouvernement d'un infant et d'une fille de Fraqce, il porte ses vues du côté du Rhin ; il songe à étendre jusqu'aux rive^ de ce fleuve leg frontières du royaume ^.
Telle était la première partie du grand Dessein : l'Espagne réduite à ses limites naturelles, l'Empire enlevé à la maison d'Autriche et redevenu librement électif, la Hongrie, la Pologne et la Bohême délivrées ou fortifiées et servant à l'Europe de remparts contre les Turcs, les petits États protégés, la Suisse, les Profipces-Unies, Tltalie mises à l'abri de toute conquête, la France obtenant un agrandissement légitima et faisant prévaloir pour le bien commun de la chrétienté sa généreuse influence I
Engagée dans ces perspectives, l'ambition de Hanri lY ne s'arrêtait pas. Désirant asseoir la paix sur des fondements inébranlables, il estimait que le meilleur moyen d'empêcher les conflits entre les nations
était de prévenir entre les souverains et leurs sujets les mésiate}ligences, et c'était encore k la France qull
4. C'était du moins son intention. Le mariage avait été négocié et arrêté avant sa mort par Tentremise de Bassompierre. 0p sait qu'il n'eut pa? lieu, «I que Louis XHI épousa Anne d'Autriche.
2. Mémoires du cardinal de Richelieu. Collection Michaud et Poujoulat, t. XXI, p. li.
40B LA FIN DU RÈGNt:.
confiait la mission de donner ces enseignements au . monde. Il est dans les tendances des gouvernements . despotiques d'enfanter à la fois les violences au dedans et les bouleversements au dehors. Philippe II tenait opprimés sesËtats en même temps qu'il meniaçait les nations étrangères : la tyrannie avait été chez lui le prélude de la conquête. Henri IV est en France, avant de l'être en Europe, le plus modéré des princes, et le premier motif qui lui fait désirer la paix, c'est le bien de son peuple. Il ne se contente pas de poursuivre dans son royaume les réformes commencées; il aspire encore à pénétrer de son esprit les autres souverains. Il les convie à la douceur et à la justice. Il veut les déterminer is<faT &(m exemple à commander tant amiablement à leurs sujets, et désirer d'eux choses si équitables, qu'ils les disposent à leur obéir volontairement et gayement*. »
Pour chaque nation, comme pour l'Europe entière, les luttes religieuses formaient le plus grand obstacle à la paix. Ces luttes, Henri lY les avait éteintes en France ; il s'était efforcé de les apaiser au delà, et on ne voit pas que ses derniers projets aient pu ajouter beaucoup, en cette matière, aux grands traits de son règne. C'est ici pourtant que le témoignage des OEco- <z nomies royales semble le plus décisif , et, siTonserap-