Id., p. 304, et Ambass. de la Boderie, t. V, p
LA DERNIÈRE JOURNÉE. 46l
Hais en France comme en Europe, les suites du tragique événement ne tardèrent pas à se manifester.
Les princes d^ÂlIemagne, effrayés de leur isolement , laissèrent tomber leurs résolutions, et se hâtèrent de signer un accommodement aussi précaire qu'insuffisant. La guerre d'Italie fut abandonnée. <c Jel vous assure, écrivait Villeroy, que Sa Majesté défunte Teut faite dès cette année, à mon avis, très heureuse* ment et avantageusement, si elle eût vécu. Or il faut que nous changions à présent de dessein; notre jeune roi a les reins trop tendres pour les charger ^ » En même temps, les mécontentements éclataient à l'intérieur ; les rivalités et les intrigues se pressaient autour de la régente. La dilapidation des finances, lô triomphe des favoris, Tabandon des anciennes al«» liances prouvaient par des signes trop visibles qud Henri IV n'était plus là.
Toutefois ses idées et ses vues lui ont survécu. QaeU ques-uns de ses projets ont pu se dissiper avec les évé-
Puysieux à la Boderie. a Les oonditions (de la fedditioa dé Juliers] sont honorables a leurs Majestés, tant pour n'avoir voulu le gouverneur de la ville traicfer qu'avec M. le maréchal de la Châtre, que pour le soin qu'il a eu par le eommandement de leurs Majestés do la religion catholique au dit pays. » 16 septembre 1610.
1. A M. de la Boderie. 34 septembre i6iO« *« Ambass, éi M. de la Boderie, t. Y, p. 423«
4G8 LA FIN DU RËGxNE.
nements pour lesquels ils étaient formés; les maximes de son gouyernement n^ont rien perdu de leur opportunité ni de leur sagesse. Né au milieu des guerres civiles et obligé d'en affronter les chances pour parvenir au trône, il ne connut point les passions des partis, et en dégageant de leurs principes la vérité que renfermait chacun d'eux, il réussit à les concilier tous. Monarque héréditaire, il releva pacifiquement son autorité en employant ses privilèges à la garantie de tous les droits et son influence au développement de toutes les réformes. Souverain d'un puissant royaume, il s'attacha à fonder sa grandeur sur la prospérité de tous les États : par sa prévoyante sollicitude et sa fidélité inviolable, il triompha de leurs défiances et gagna leur amitié; alliant à une foi hautement proclamée la tolé-' rancelaplus généreuse,il chercha à éteindre parmieux les luttes de croyances; encourageant dans leur sein toutes les forces vives, il en confondit l'élan avec ses propres intérêts, et comme il avait fait du pouvoir royal l'initiateur des progrès de la France, il fit de la France l'initiatrice des progrès de l'Europe. Enfin, et pour tout résumer, il eut ce rare mérite d'être de son temps et de le dominer. Il en répudia les perfidies et les violences. Il en prit tous les grands instincts ; il sut à la fois les satisfaire et les dépasser; tandis qu'il répondait au présent, il devança l'avenir.
Par là sa gloire est de tous les siècles et s'étend à tous les pays; mais, de tous les pays, c'est à la Fraiïce surtout qu'il appartient d'honorer sa mémoire, et de tous les siècles, il n'en est peut-être aucun qui soit appelé plus que le nôtre a imiter ses exemples.