LXXX INTRODUCTION. ACE
d'ung royaume ? Que diraient ceulx qui m*ont yen é^n esprouvé courageux, si honteusement je quittdb^ par la peur, la façon de laquelle j'ay servi Dieu dès fett jour de ma naissance? Voilà des raisons qui touchettliaL rhonneur du monde. Mais, au fond, quelle conscienceïitl j Avoir esté nourri, instruit et eslevé en une piH)fessioiHw de foy ; et, sans ouïr et sans parler, tout d'un coup, ^w^ jeter de l'aultre costéî Non, messieurs, ce ne seraja«;i) mais le roy de Navarre, y eust-il trente couronnes à ^^ gagner. Tant s'en fault, qu'il luy en prenne envie, \\^ pour l'espérance d*une seule. Instruîsés-moi, jenesuîs s^ poinct opiniastre. Prenés le chemin d'instruire, vous 15^ y profiterés infiniment. Car, si vous me montrés une ^, aultre vérité que celle que je crois, je m'y rendray, et *, feray plus; car je pense que je ne laisseray nul de mon v^ party qui ne s'y rende avec moy. Vous ferés un beau \i gain à Dieu, une belle conqueste de consciences en la ir mienne seule. Mais de nous conter des paroles, et, sans ^ raisons, nous persuader qu^à la seule vue des armes nous devons estre persuadez, jugés, messieurs, s'il est raisonnable*?»
Enfin, roi de France ou de Navarre, il invoque toujours le sentiment national : ce Nous sommes tous François et concitoyens d'une même pairie^, » et, tandis que les Guises assignent d'avance au roi d'Espa-