Péréfixe, troisième partie
3. Mms fouT MM, dea Estais du paf8 de Bourgogne^ p. 23, /OOd,
LES CLASSES DU IIOWUHE. ISi
ceux qui, par profession ou par foiblesse, ne se peuvent deffendre eux-mêmes; n employer enfln au Epryice du bien public ces dons admirables qu'elle sut si généreusement prodiguer, dans les jours de péril, autour du trône, telle était la mission proposée à ses efforts. Si l'idée de ces devoirs était entrée dans l'esprit d'un duc de la Trcmoille, d'un comte de Soïssons ou d*un duc de Rohan, si elle avait paru dans les inspirations de cette Fronde à la fois brillante et stérile, si on en avait retrouvé le moindre vestige daus les Mémoires du duc de Saint-Simon, les rigueurs de Richelieu fussent devenues sans excuse, et sans prétexte les défiances de la royauté.
La bourgeoisie avait la grande part dans les affaire? de rRtal. En l'associant aux charges de l'administration comme il associai: la noblesse aux prérogatives de la couronne, Henri IV mettait souvent les deux ordres en présence , aussi soigneux do les modérer l'un par l'autre que de les nnir. Le fds d'un tanneur, Jeannin, siégeait dans son conseil avec le comte de SoisBons; le duc de SuUy avec le sieur de Villeroy. Jlans tes provinces, les Parlements balançaient l'autorilé des gouverneurs; aux gouverneurs Henri IV recommandait le respect envers les cours souveraines aux Parlements la bonne entente avec les grands seigneurs '. Comme il n'épargnait aucun soin pour
t, Groiilard, Yoyagen en rmir,
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pacifier les querelles eolre gentilshommes', il ne coulait pas, d'un autre c6té, que la noblesse de cour pùl s'autoriser des di\isions des Parlements pour les décrier, et il invitiiil ceux-ci à la concorde. Un jour, il rencontra au jardin des Tuileries les députés du Parlement de Normandie; il s'approcha d'eux et leur dit tout bas : « Vives fraternellement, et en correspondance les uns aïec les autres. « Les députés furent touchés do ces paroles et surtout de la manière dont elles leur avaient été adressées. Henri, pour venir à eux, avait percé la foule de sa noblesse, et ils avaient compris « que ie bon roy avoit eu peur de les scandaliser (humilier) en présence de tant de seigneurs '. » En même temps Henri lY se tournait vers le peuple. Qui ne le sailî Qui n'a entendu vanter celte portion de son régne? Qui ne connaît le mot célèbre dans lequel la postérité semble avoir résumé la sollicitude de ce prince pour les plus pauvres de ses sujets? Henri IV avait vu de près la détresse du peuple. Le souvenir des exactions qu'avait entraînées la guerre pesait à son âme. Il avait tout fait pendant la lulte pour les réprimer. Une fois en possession du trône, il fit tout
□ que je désire plus que de v^oir tous les princes et grands de mon royaulme bien ensemble. » Lettrei missives, t. VII, p. 2^6.
2. Registres secrels du Parlomeut de Normandie, 3 août 1609. CiiopnpH.Floquel, Bisfotre du Parlement de Normandie, t. IV. p. %3it.
Lins CLASSES BU BOYAUMB. ISI
aiiples éteindre et les réparer. « Regardons, disail-ii à Suily, au soulagement du peuple le plus qu'il se pourra *. »
Peut-être y eut-il, sur ce point, quelque différence entre les idées de Henri lY et celles de Sully. Sully servait avec ardeur les efforts du roi ; mais ce qui le préoccupait, c'était, avaut tout, le développement de l'agricullure ; c'était la nécessité de rendre la richesse au sol, aux hommes la force et les bonnes mœui's.Lem, en partageant ces pensées, mêlait avec elles ses prévisions politiques. Ce que Henri IV envisage dans le peuple, ce ne sont pas seulement des misères à effacer: ce sont des services à reconnaître; ce ne sont pas seulement des soldats à former : c'est. le paysan, c'est l'artisan, c'est la classe la plus délaissée et la plus utile duroyaume àcoubtituer. Ce peuple opprimé, ruiné, abattu, victime de tous les partis, des vainqueurs comme des vaincus, Henri l'a vu à l'œuvre. Il a connu au siège de Paris sa foi héroïque et terrible. H a été tenu en échec ou appuyé par son courage; la paix rétablie, c'est ce peuple qui laboure les terres dévastées; c'est lui qui fait renaître ces ressources dont il estlui-mème privé ; c'est lui qui soutienttout, lui a qui nous faict tous vivre *. » Aussi comme Henri IV est