‹ Henri IV et sa politiqueChapitre 79 sur 181 · Poirson, t. II, p · texte numérisé non relu

Poirson, t. II, p

2. Id.y p. 87. Extrait de Sauvai, Histoii[e de$ recherches et antiquités de Paris, t. II, p. 507 et 40»

LKS CLASSES DU nOÏAUMP. )U3

I laDce'. Honorant les grands et prenant en main la défense des faihlcs, elle se mêlait avec tous et les faisait tous concourir à ses desseins : poussées par son influence, les forces vives de la nation se rassemblaient powlebien public, el au-dessus des rivalités montait, de concert avec l'amour du souverain, le gentiment de la patrie.

Péréfixe , raeontant les bienfaits de cette politique, trace un merveilleux tableau de l'état de la France, Les classes sont en paix : elles réparent, chacune dans sa sphère, les calamités des gueires : tout marche à l'image du roi.

Ce n'est pas que tous les maux fussent détruits, ni toutes les haines éteintes. De telles transformations ne se rencontrent guère dans les affaires humaines. Mais deux choses exigtaient : la confiance dans le pouvoir, et l'activité librement suBcitée des peuples. Ces institutions qui se soutiennent, ces assemblées qui délibèrent, ces travaux immenses qui remuent toute une nation, cette administration régulière et protectrice, ces impôts diminués, chaque année signalée par un progrès nouveau, et cette r'yauté revivant au fond

!. Lors du procès du mar^rtial de Biron, H^nri IV dirait à QsauboDi »Vûu9 voyez combien j'ai de peiae, moi, ofia que vous puisEÎez étudier en paix. >> Il raoolrait ainsi combiea il senlait la mission tulfilaire de la royaiitj^. — Eïtrait du Journal de Casuubon, par M. Sainte-Beuve. Moniteur du 30 juil- , let iseo.

des cœurs comme une arrière-pensée d*espérance qu'un crime va fondre en une douleur sans nom, voilà les traits, voilà l'honneur de ce règne de douze ans *. ^ Devant ces résultats, Henri IV pouvait dire : « J'auray remis ce royaulme en son entier ; à quoy ont tendu tous mes travaux et desseings depuis que Dieu ma appelé à ceste couronne ^. »

Cependant il n'était pas satisfait. Le jour de sa mort, à la veille de partir pour sa dernière expédition, il disait (( qu'il estoit résolu de travailler à bon escient à la réformation de son Estât, » et il conjurait (( tous ses bons serviteurs de seconder courageusement et vertueusement ses bonnes intentions^. » Signe assuré de la vraie grandeur de ne pas se reposer en son œuvre et de vouloir toujours la mener plus loin! Cette résolution, Henri lY l'avait dès longtemps formée; dès longtemps il méditait sur les moyens de l'accomplir. C'était l'objet des mémoires qu'il se faisait adresser de tous les points du royaume; c'était l'objet des rapports qu'il demandait à Sully sur les besoins de ses peuples; c'était l'objet de ses entretiens avec son ministre, alors que, le prenant à part, les doigts familièrement passés dans ses doigts^, il le con-

4. Ce n'est en effet qu'en 1598 que commença vraiment Jô règne de Henri IV.

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