‹ Henri IV et sa politiqueChapitre 78 sur 181 · ÛEc. royales, t. VU, p. i · texte numérisé non relu

ÛEc. royales, t. VU, p. i

^^P LES CLASSES DL' ROYAUME. ici

I Les grandes entreprises auxquelles Henri IV coii- ■ riait ses peuples présentaient l'avantage noii-seulemenl de les soulager, mais encore de les réuuii". Elles rap- ■prochaient les diverses classes par l'échange mutuel des services ; elles les accoutumaient à s'appuyer les tmessurles autres, et les hautes iofluences, exercées pour des fins utiles, reprenaient leur place dans la conduite de la nation . La royauté marchait la première. En élabhssantà la Flèche, « en la propre maison de ses pères,» un collège de jésuites, Henri IV avait voulu, suivant sa déclaration, « donner exemple àses sujets.» Ce n'était là qu'une application particulière de sa politique. Dans toutes ses réformes, il commençait par donner l'exemple, et cet exemple, il invitait les trois ordres, suivant leur rang , à le suivre et à le proposer eux-mêmes. Le dessèchement des marais , la culture des soies, tous ces travaux qui devaient assainir le sot ou lui rendre la fertilité, le roi les avait d'abord tentés sur ses propres domaines. " L'exemple de Sa Majesté, écrivait Olivier de Serres, a été joincl à ses comraan- i

démens avec grande efficace pour le bien de ses peu- ■ ^ pies '. » Le clergé , comme le « premier ordre » du |

i'oyaLime,et « pour attirer les autres à son exemple % n

I.PoirsOD, t. II, p. 0Sl-7rt, I,affema3 écrivait de Henri IV : o Vous avez commencé le premier d'embrasser les iPAnufactures pour y porter les Franijois à votre exemple

a. Id., p. 00.

la noblesse, le tiers Etat , ay^ent été successivement exhortés à imiter le roi. La même pensée inspirait Henri IV lorsque, repoussant toute violence, il reopa)** mandait au clergé de convertir les protestants par \ù libre ascendant des doctrines et des vertus; lorsqu'il exhortait la noblesse à vivre simplement et à se re^* tirer dans ses terres ; lorsqu'il ramenait la liberté parmi les corporations et protégeait les artisans coutrô la tyrannie des maltres-jurés; lorsque intére^nt a\x% progrès de Tindustrie le bonheur de tous ses sujets il destinait ses manufactures, les unes aux geqtil^w hommes tombés dans la misère et h qui leur rang ne permettait pas toute espèce de travail, les autres aux ouvriers sans ressources et de moindre condi-? tion ^; lorsq|ie en&n, et comme pour rendre visible cette universelle conciliation, il méditait 4^ réumr au Louvre les grands maîtres en tous genres et les grands seigneurs, et de former ainsi a une aUiancô de Tesprit et des beaux- arts avec la noblesse et l'épée ^, »

Jamais n'avait mieux paru la mission du pouvoir. La royauté semblait ne dominer les peuples que pour les pacifier, pour les unir, pour les élever. Nul droit et nulle misère ne demeuraient à l'écart de sa vigi-

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