‹ Henri iv.: sa vie, son œuvre, ses écritsChapitre 5 sur 39 · I. — France · texte numérisé non relu

I. — France

La France des Valois se renfermait dans des limites bien plus étroites que la France d'aujourd'hui ; elle n'avait au Nord-Est ni la Lorraine, ni la Franche-Comté, ni la Bresse et le pays de Bombes, ni le Bugcy; elle n'avait au Sud ni le Roussillon, ni le Béarn et la Basse- Navarre. Puis, dans ses limites mêmes, les grandes provinces, comme la Bretagne, la Bourgogne, le Dauphiné, conservaient encore, sinon l'espoir, du moins un souvenir très- vif d'une quasi indépendance. Enfin, politiquement et moralement, elle était arrivée à cet état de décadence d'où les peuples se relèvent difficilement , non qu'elle n'eût en elle de vigoureux éléments de forcé, mais parce qu'il lui manquait ce qui donne la vie, une direction ferme et sage. Trois points principaux montrent parfaitement ce qu'était alors cette France : la situation religieuse , les mœurs de la cour et des grands, les aspirations des masses.

[ Situation religieuse. — II n'y a pas de peuple qui ii'ait au fond du cœur un sentiment religieux. Tous s'accordent à reconnaître l'existence d'un être mystérieux, éprouvent le besoin de lui témoigner même respect et d'en implorer même appui. Mais sur la nature !et la forme du culte à lui rendre , c'est autre chose ; ici chacun suit son inspiration propre. Partout donc une idée fondamentale, immuable comme notre nature , et des pratiques variables comme les temps, les lieux, les circonstances. Dans l'enfance dés sopîétés la religioir,

les mœurs, les lois nées ensemble, empreintes d'un même esprit, ne font pour ainsi dire qu'un ; mais à mesure que les sociétés marchent , qu'elles se transforment, le culte religieux restant stationnaire, et telle est sa loi fatale, raccord cesse, et' de là malaise, tiraillements et luttes.

Mais abordons la question plus directement. Dans l'histoire de l'humanité le christianisme tient une grande place ; ses principes et sa morale ont fait jusqu'ici l'admiration des hommes et longtemps encore ils mériteront leur estime. En est-il de même du catholicisme ? Évidemment non : fortement constitué pour la domination , le catholicisme a traversé les temps sans trop fléchir, il est encore plein de vie, mais conçu dans des vues étroites, s'appuyant trop souvent sur des moyens odieux ou sur des superstitions ridicules, il a prêté largement à des attaques sérieuses et à de piquantes railleries. Ainsi , chez nous, pendant que les trouvères s'égayaient aux dépens des moines, types, à les en croire, de luxure, de gourmandise et de stupidité, des écrivains pieux déploraient amèrement les abus de l'église et les désordres de ses ministres ; les conciles eux-mêmes proclamaient ces désordres et ces abus , et vainement s'efforçaient de les détwiire.

La France et l'Europe en étaient là , lorsque , au xvi* siècle , la Renaissance , déchirant le voile qui leur cachait l'antiquité, vint les éclairer d'une lumière nouvelle , et l'on sait avec quelle ardeur les esprits d'élite accueillirent ce grand événement, avec quel ensemble, quel entraînement ils se mirent à étudier la philosophie, les sciences, les lettres, les arts de la Grèce

et de Rome. Or comment ce vigoureux élan vers les choses de spéculation, de littérature, d'art, auraitil pu s'arrêter là et se désintéresser des choses de religion? Il n'en eut garde, il les saisit corps à corps, et il suffit à un simple moine allemand de dire tout haut dans ses sermons ce que chacun pensait tout bas dans sa conscience, pour produire l'explosion qui de Wittemberg se propagea dans la plupart des États du nord.

En France où les têtes, dès longtemps échauffées, n'attendaient qu'une étincelle pour prendre feu , tout ce qu'il y avait d'hommes éclairés: éfudits, littérateurs , artistes même, embrassèrent ouvertement les principes des réformateurs ou du moins furent loin de les repousser. Mais il faut bien le reconnaître , ni les réformateurs n'étaient assez dégagés des préjugés du temgs pour aller au fond des choses, ni les populations assez préparées à une transformation profonde pour qu'il fût possible d'arriver à une révolution radicale dans l'esprit libéral et philosophique. Cependant le catholicisme fut ouvertement battu en brèche ; et comme il était mêlé à tout, et soit directement soit indirectement au fond de tout , les novateurs se trouvant psgrtout en face de ses dogmes et de ses pratiques, s'y heurtant sans cesse, furent sans cesse amenés à les combattre.

Le clergé comprit qu'il était en péril. Il avait jusque là marché à la tête de la civihsation et conduit les peuples en avant , il fit volte-face , il quitta l'initiative pour la résistance ; et comme il se sentait impuissant à lutter par le raisonnement et la discussion , armes

puissantes au contraire dans la main de ses adversaires, il s'habitua à faire intervenir dans les questions religieuses la force du bras séculier * ; et la magistrature, vivant comme lui dans le passé, effrayée comme lui des hardiesses du présent et des éventualités de l'avenir, eut à son service des rigueurs toujours prêtes. Aussi combien de fois la France fut-elle éclairée par la tïamme de bûchers brûlant des hérétiques! A Paris, on les mettait au pilori où ils étaient marqués au front d'un fer rouge, puis on les conduisait, la corde au couet la torche à la main , au parvis Notre- Dame, où ils devaient faire amende honorable, et enfm à la placede Grève , à la Croix du Trahoir ou du Tirouer ou à la Fontaine des Innocents , où ils étaient brûlés vifs. Quelquefois on les suspendait par des chaînes de fera des bascules qui tour à tour les élevaient et les replongeaient dans les flammes.

Les Français ou du moins ceux des Français qui formaient alors la tête de la société , étaient donc rangés sous deux bannières opposées , irréconciliables ; et comme il y avait en France deux familles puissantes et rivales, les Guises et les Bourbons, les princes lorrains et les princes du sang , il devait arriver que les uns se feraient l'épée des catholiques , les autres le bouclier des réformés , ou , comme on disait alors , des huguenots. — Mais entre les uns et les autres il y avait cette différence capitale que les Guises, étrangers à la France et à la famille régnante, n'avaient qu'un intérêt et ne pouvaient avoir qu'un

i ^université était un corps clérical.

but, détrôner cette famille et prendre sa place; que 4es princes Bourbons , au contraire , respectaient Tau- 4x)rité royale dont ils étaient intéressés à conserver le prestige, et prétendaient ne lutter que pour Taffranchir de l'oppression des Guises. Entre les deux partis il y eut une autre différence qui mérite aussi d'être notée : les Huguenots disaient tout simplement aux catholiques: Laissez-nous penser comme nous l'entendons et gagner le ciel à notre manière ; non, répondaient fièrement les catholiques, vous penserez comme nous , vous parlerez à Dieu comme nous , ou nous vous brûlerons tout vifs.

La Cour. — Au milieu de ces aspirations ardentes , et de ces résistances furieuses, au milieu de ce déchaînement de passions violentes , qui eussent voulu au sommet du pouvoir des tètes puissantes, des cœurs énergiques, des mains vigoureuses, que faisait la cour? que faisaient Catherine de Médicis, Charles IX, Henri III? A quels projets , à quelle résolution s'arrêtaient-ils pour apaiser les esprits et ramener le calme dans l'État ?

Catherine? autour d'elle on dansait tous les'jours, on s'ébattait à tout propos dans des fêtes splendides.

— On sait que Catherine tenait constamment à sa cour un bataillon de dames et de filles d'honneur , c'est ainsi qu'on les appelait, troupe légère habilement dressée soit à retenir dans la volupté ceux dont la reine redoutait l'active énergie , soit à ravir à d'autres le secret de projets qu'elle désirait pénétrer. Brantôme nous a laissé des détails curieux sur le nombre et le§

charmes , la joyeuse humeur et les libres allures de ces nouvelles Circées , et , à des écrivains plus sérieux nous devons de tristes révélations sur leurs manœuvres. — Ces dames et ces demoiselles, au nombre de plus de trois cents, suivaient partout la cour, elles étaient de tous les voyages, et les maréchaux des logis affirmaient qu'elles tenaient toujours la moitié des logements. Elles étaient de tous les bals, de toutes les fêtes. Je sais bien, disait Catherine, que plusieurs blâment ces dépenses qu'ils appellent superflues; mais elle les faisait, disait-elle, pour montrera Tétrangerque la France n'était pas tellement ruinée qu'ils pouvaient le croire, et que , si elle savait dépenser pour de tels ébats, elle le saurait bien mieux encore pour des choses plus importantes. Ce qu'il y a de certain , c'est qu'à sa mort, Catherine se trouva endettée de sommes énormes, « les gages de ses dames, geatilhommes et officiers de sa maison dus d'une année, et ses revenus d'un an mangés » \

Catherine qui , ainsi qu'on la dit , avait toutes les qualités de l'esprit, avec tous les vices du cœur, Catherine avait vu quatre règnes en France ; elle avait dominé pendant les deux derniers, elle avait donné le ton , et jamais peut-être pays ne subit d'influence plus pernicieuse que la sienne. Certes je ne veux pas dire que Catherine n'ait rien produit d'utile et de bon; mais rien ne saurait balancer le mal qu'elle fit à la France , en lui apportant ce qu'avaient de plus mauvais les

* Brantôme. Des Dames, Catherine de Médicis. Édition publiée par la Société de THistoire de France, t. VII, p. 370, 379, 396.

mœurs italiennes de son temps , un luxe étourdissant et un amour effréné du plaisir, en y introduisant enfm toutes les corruptions.

Charles IX régna peu de temps : Après son horrible massacre de Huguenots, il mourut misérablement, rongé de repentir, laissant le trône à son frère le duc d'Anjou qui fut Henri HI.

Or, si les femmes jouent un très-grand jcôle à la cour de Catherine, ce sont les hommes à celle de son fils, et les mignons du roi ont gardé dans l'histoire une triste célébrité. Avec ses mignons, Henri III faisait d'indignes orgies,, et il pensait racheter tout cela en s'imposant des retraites, en instituant des confréries de pénitents , en se donnant la discipline et en portant à sa ceinture un chapelet de têtes de morts *. — Singulier homme que ce Henri III ! Il avait fait ses preuves à la guerre ; il n'était pas sans une certaine fermeté de caractère; et cependant, plongé dans la mollesse, il couchait avec des gants d'une peau particulières pour conserver la douceur de ses mains, il couvrait son visage d'un cosmétique recouvert luimême d'un jnasque , pour garantir la fraîcheur de son teint; parfois il courait la bague habillé en amazone. En 1576 , il revint de Normandie « avec grande quantité de guenons, perroquets et petits chiens achetés à Dieppe » , on le vit quelquefois portant plusieurs de ces petits chiens dans un panier suspendu en écharpe devant lui.

* Aux noces de son mignon d'Épernon on le vit danser en grande allégresse avec son chapelet dç têtes de morts. P. de L'Estoile, au 30août 15*<7,

En novembre 1574, Henri III , arrivant de Pologne, fut reçu à Lyon par Catherine de Médicis et sa cour, et de là tous partirent pour Avignon. Or, « en ce voyage, dit TEstoile , Targent se trouva si court, que la plupart des pages du roi se trouvèrent sans manteaux, étant contraints de les laisser en gage pour vivre par où ils passaient ; et sans le trésorier Lecomte , qui accommoda la reine de cinq mille francs, il ne lui serait demeuré ni dame ni demoiselle. On ne parlait alors que de ce diable d'argent qu'on disait être trépassé et dont on fit Tépitaphe en vers * . »

On comprend aisément ce que , dans un pays tombé en de telles mains, pouvaient être les services publics. Ces. services ne s'alimentent qu'au moyen des finances, et nous voyons où en étaient les finances sous les Valois. Déjà en 1561 , c'est-à-dire pendant la minorité de Charles IX, le chancelier de l'Hôpital évaluait la dette publique à quarante-trois millions et demi , tandis qu'il n'évaluait le revenu qu'à douze millions environ; c'est-à-dire que la dette était presque quadruple du revenu. Eh bien, à la fin du règne de Henri III, le revenu restant le même, la dette était presque doublée I Aussi ce roi, follement prodigue, ne cessait de frapper des contributions arbitraires, aujourd'hui sur les officiers de justice, demain sur les ecclésiastiques, car nul n'y échappait, d'autres fois sur les bourgeois ou sur tel ou tel corps de métier. — En 1581 , c'est sur les marchands de vin qu'il se rua, taxant l'un à mille écus, l'autre à

' * P, de rEstoUe/au 23 novembre ^574.

huit cents , « et ainsi qui plus qui moins , selon le rapport qu'on lui faisait de leurs moyens ; et ordre fut donné à chacun de payer dans 24 heures, sous peine de prison ». D'autres fois encore Henri III faisait main-basse sur les dépôts publics : ainsi en 1576, il prit les fonds destinés au payement des rentes de THôtel de Ville ; en 1587 il voulut recommencer ; soixante présidents ou conseillers vinrent au Louvre et lui dirent: Ces rentes sont le bien des veuves et des orphelins qui demanderont vengeance à Dieu; lui seul, lui dirent-ils, avait levé plus de deniers depuis qu'il était roi que dix de ses prédécesseurs en deux cents ans. Henri IH répondit avec colère qu'il prendrait sur les rentes ce dont il avait besoin, à moins qu'ils ne trouvassent quelque autre moyen prompt de le lui faire toucher * .

Et ce qu'il y avait de plus profondément triste en tout cela, c'est que toutes ces exactions royales ne servaient guère qu'à gorger les mignons. En 1581 , Henri HI mariant le duc de Joyeuse , mena la mariée à l'église , « suivie de la reine , princesses et dames tant richement vêtues qu'il n'était mémoire en France d'avoir vu chose si somptueuse. Les habits du roi et du marié étaient semblables, tant couverts de broderies et pierreries qu'il n'était pas possible de les estimer , car tel accoustrement y avait qui coûtait dix mille écus de façon. Et toutefois aux dix-sept festins qui de rang, et de jour à autre, par l'ordon-

1 Surtout cela, consultez TEstoile, et parUculièrement à la date au V mai 1587,

nance du roi depuis les noces, furent faits, tous les seigneurs et les dames, changèrent d'acoustrement dont la plupart étaient de drap d'or et d'argent , enrichis de passements , guipures et récareures, et broderies d'pr et d'argent et pierreries en grand nombre et de grand prix. La dépense y fut si grande, y compris les tournois , mascarades , présents , danses , musique, livrées, etc., que le bruit était que le roi n'en serait pas quitte pour douze cent mille écus ' » . Henri lil s'engagea de plus à payer au marié dans deux ans, quatre cent mille écus pour la dot de la mariée. Enfin il acheta pour le duc, moyennant cent soixante mille livres, la terre de Limoux.

La Nation. — Les écrivains du xvi* siècle parlent peu de la masse nationale, et à les lire on pourrait croire qu'elle assista indifférente aux grands débats qui s'agitaient au-dessus de sa tête, ou du moins qu'elle ne s'en inquiéta que pour maudire l'état misérable que lui faisaient les événements. Ce serait une erreur. .

Les sentiments, l'esprit de la nation se manifestèrent toujours nettement dans les assemblées des états généraux. Là, chaque ordre, clergé, noblesse, tiers état, venait, par ses représentants, exposer ses griefs , ses vœux , ses idées ; et cet ensemble d'idées , de vœux, de griefs, exprimait au vrai l'esprit public. Or , en 1561 , des états généraux furent appelés à Orléans , et leurs cahiers , ceux du tiers état surtout ,

i l^'Estoile, au 18 septembre 1581.

montrent parfaitement ce qu'était alors la masse nationale. Le] Tiers demandait : 1" amnistie complète pour fait de religion; restitution au clergé et au peuple du droit d'élire les évoques et les pasteurs ayant charge d'âmes ; abolition de tout tribut à la cour de Rome ; il voulait que les revenus des églises fussent rendus à leur légitime emploi , c'est-à-dire un tiers aux pauvres , un tiers à la réparation de l'édiflcc et à l'entretien des collèges et des hôpitaux, un tiers à la subsistance du clergé , auquel il devait être interdit de recevoir par testament; il voulait enfin que toute fête, celles de Notre-Dame et des apôtres exceptées, fût renvoyée au dimanche; 2° en fait de magistrature, le Tiers demandait l'élection appliquée à toutes les fonctions judiciaires , l'abolition de toutes lettres d'évocation et de toute commission arbitraire ; il demandait des poursuites d'office pour crimes et délits, et une révision générale des anciennes lois et ordonnances; 3° quant aux charges publiques, le Tiers voulait que tout individu ayant manié les finances sous les deux derniers règnes (ceux de Henri II et de François II ) fût forcé de rendre compte de sa gestion aux délégués des états généraux ; 4*" le Tiers prenait vivement fait et cause pour le peuple des campagnes, victime de la tyrannie et de la dureté des seigneurs ; il demandait que tout procès entre seigneur et sujets fût jugé par des juges royaux; 5° il demandait la punition de tout roturier qui usurperait les privilèges des nobles, et augmenterait ainsi les charges des non nobles ; 6° il voulait une circulation commerciale libre et franche par tout le royaume, et

Tunité des poids et mesures dans toute la France ; il voulait que dans chaque ville fût ouvert un collège , et que de nouvelles chaires fussent créées dans les universités ; 7® enfin il demandait des états généraux périodiques. — La noblesse se rencontrait avec le Tiers sur un grand nombre de points , et notamment en ce qui touchait la religion et le clergé. — Le clergé, dé son côté , reconnaissait la nécessité d'une réforme ecclésiastique !

Cette première assemblée fut suivie d'une seconde plus radicale encore ; et encore ici la noblesse trèssouvent se montra d'accord avec le Tiers. Les cahiers du Tiers disaient: toute question intéressant le clergé et les réformés doit être réglée par le pouvoir temporel jusqu'à la réunion du premier concile général sain et libre ; en attendant, liberté entière de conscience et du culte réformé. Tous les ecclésiastiques doivent être exclus des conseils du roi et de toutes négociations publiques et séculières, fonctions incompatibles avec leurs charges spirituelles et leurs prétentions de n'être tenus à la juridiction séculière, ainsi qu'avec le serment qui les lie au Pape. Toute juridiction et justice devait être ôtée aux ecclésiastiques, comme également incompatible avec leur caractère et leurs fonctions. — Quant à la magistrature , l'élection triennale devait remplacer la nomination à vie par le roi. — Même règle devait s'appliquer aux charges de police et de finances. Ce dernier objet attirait surtout la sollicitude de l'assemblée : tous ceux qui avaient manié les finances du royaume sous les deux derniers règnes devaient, comme les ecclésiastiques.

être exclus des conseils du roi et de toutes négociations publiques jusqu'à ce qu'ils eussent rendu leurs comptes. Les percepteurs royaux devaient être supprimés , les villes et les provinces se chargeant des tailles et impôts directs, et les impôts indirects devant être affermés. Quant au déficit financier et aux dettes du roi, il y a lieu, disaient les cahiers, de reprendre les dons excessifs et les pensions exorbitantes concédées depuis Tavénement de Henri H ^ ; et comme celte mesure ne pouvait suffire à éteindre les dettes royales , on demandait qu'à TÉtat fût attribué le revenu de tous les bénéfices que ne desservait pas le titulaire, et que fût prélevé sur les autres un impôt progressif, de manière qu'il ne restât pas aux cardinaux i)lus de douze mille francs de rente ; huit mille aux archevêques, six mille aux évêques et le reste à proportion. Enfin le Tiers ouvrait l'avis que le roi fît mettre an vente tout le temporel détenu et possédé j)ar les gens d'Église, sous la réserve d'une maison principale qui demeurerait au bénéficier pour son habitation. Au surplus aucun impôt nouveau, ni accroissement d'impôt, disait le Tiers, ne peut avoir lieu (lu'avec le consentement des états généraux et ces états se tiendront tous les deux ans.

On comprend bien, par tout ce qui précède, ce qu'était la France avant Henri IV.

< il y avait une exception en faveur de la Reine mère.

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