‹ Henri PerreyveChapitre 18 sur 47 · L IMPERFECTION Q · texte numérisé non relu

L IMPERFECTION Q

faute. Il a été chercher la mort, tant par indiscipline que par impétuosité de courage, comme un soldai qui se fait tuer en s'avançant au delà de son poste. Lui aussi, malgré nos avis et nos cris, a pleinement réalisé le cruel axiome scientifique : « L'homme ne « meurt pas, il se tue. »

Je connais toute sa vie, je connais toute l'histoire de son âme, de son esprit et de son corps, et j'affirme qu'il est mort victime de ce grand mal que j'ai nommé Y isolement du prêtre. Seul dans la continuité quotidienne de la vie, seul, comme le P. Lacordaire le lui écrit en gémissant : « Seul, mon enfant, dans « un appartement à vous! » seul, dis-je, contre la foule qui le dévorait, il n'a pu ni su résister au violent entraînement du succès, à l'incessant appel de tout ce qui voulait se réjouir à sa lumière, ou invoquer son zèle! Le travail de dix prêtres lui était proposé chaque jour. — Mais refusez donc toutes ces choses, et recueiilez-vous dans votre œuvre, lui disions-nous. — Je ne cesse pas de refuser, répondait-il. — Il refusait en effet cinq fois, sept fois sur dix. Il lui

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restait toujours le travail de cinq ou de trois.

Outre la chaire de Sorbonne, qui doit suffire à occuper le zèle de celui qui en est chargé; outre ses nombreux écrits1, qui eus-

1 II publia, en ce petit nombre d'années : i° les Méditations sur le chemin de la Croix, Tun des meilleurs ou peut-être le meilleur livre de piété qui ait été écrit sur ce sujet; 2° la Journée des Malades, que je regarde comme un chef-d'œuvre, ou plutôt comme une œuvre bénie de Dieu pour l'exhortation et la consolation de ceux qui souffrent^ou dans leur àme ou dans leur corps : livre réel et vivant dont on peut dire que tout ce qu'il renferme a été souffert avant d'être écrit; 3° les Lettres du P. Lacordaire a des jeunes gens, avec une belle et importante introduction. La plupart de ces lettres lui sont adressées; 4° les Entretiens sur V Eglise catholique, ouvrage en deux volumes, très travaillé, très corrigé, très sage, et qui renferme la substance de son enseignement au Lycée Saint-Louis, à Sainte-Barbe et à la So rbonne ; 5° une Station à la Sorbonne, ouvrage imprimé trop vite où l'auteur a laissé passer une faute matérielle singulière : la répétition d'un même mot à toutes les pages du livre. Mais il y a dans ce volume de spîendides beautés d'éloquence et les traces d'un grand écrivain; 6J la Pologne, son dernier ouvrage, ou plutôt son cri de douleur à la vue du crime effronté, sanglant, colossal, lâchement impuni, qui déshonore aujourd'hui l'Europe.

A quoi il faut ajouter un très grand nombre d'opu* cules et de discours imprimés tels que Rosa Fer» rucci, Mgr Baudry, îlerman de Jouffroy, panégyrique de Jeanne d'Arc, panégyrique de sainte Clotilde, Discours sur l'Histoire de France, de l'Histoire de la Musique religieuse, etc.

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