Sicut scriptum est
Quia propter te mortificamur tota die : sestimati sumus sicut oves occisionis.)
37. Sed in his omnibus superamus propter eum qui dilexit nos.
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38. Certus sum enim, quia 38. Car je suis assuré que neque mors, neque vita, ne- ni la mort, ni la vie, ni les que Angeli, neque principa- Àngp.- ni les principautés, tus, neque virtutes, neque ni les puissances, ni les instantia, neque futura, ne- choses futures, ni la vioque fortitudo. lence.
39. Neque altitudo, nequa 39. Ni t~*it ce qu'il y a au profundum, neque creatura plus haut ^s cieux ou au alia poterit nos separare a plus profond des enfers, ni charitate Dei quœ est in enfin une créature quelcon- Christo Jbsu Domino Nos- que ne pourra nous séparer tro. de l'amour de Dieu gui
est fondé sur Jésus-Christ Notrb-Sei -v— tp.
A ce verset : Ceux qu'il a prédestinés, il
les a aussi appelés, et ceux qu'il a appelés il les a aussi justifiés, et ceux qu'il a justifiés il les a aussi glorifiés, je levai les yeux vers mon ami pour voir quelle impression produisaient sur son âme ces paroles qui remuaient profondément la mienne; nos regards se rencontrèrent : ils étaient pleins de larmes; nous nous serrâmes la main en silence et je continuai. Mais chaque phrase nous apportait une nouvelle et plus profonde émotion.
Gomme entre les disciples d'Emmaùs, Jésus- Christ était entre nous; il parlait et notre cœur brûlait sous le feu de sa parole. Je pou-
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vais à peine poursuivre le texte sacré, et lui pleurait doucement en silence. Les derniers mots : Ni la mort ni la vie... ne pourra nous séparer de V amour de Dieu, portèrent à son comble le trouble de notre cœur ; nous éclatâmes en sanglots, et lui, me serrant la main, me dit : Ah! laisse-moi seul avec Dieu, à demain. Je m'éloignais avec respect, lorsqu'il s'écria : Ou plutôt, apporte-moi ïacommiuiion. J'allai en toute hâte chercher la sainte Hostie, je la déposai sur ses lèvres, et, sans troubler d'un mot ce grand et solennel silence de nos âmes, je le laissai dans la paix de l'action de grâces, demandant intérieurement à Dieu de le prendre avec lui cette nuit même.
Mon ami n'avait pas assez souffert, ma prière ne fut pas exaucée.
Les jours suivants se passèrent dans Fattente de la mort. Il disait au P. Charles Perraud : « Je vois maintenant combien il nvest « utile de m' être accoutumé à penser souvent a à la mort comme à une chose douce et dé- « sirable. » Et une autre fois : « Je n'ai jamais * éprouvé de si grand dépit que de voir tous
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a ces jours-ci que je ne pouvais mourir. » S& maigreur extrême lui causait une souffrance perpétuelle, ses quintes de toux étaient une véritable torture qui semblait devoir briser sa poitrine; il ne se plaignait pas plus qu'il ne l'avait fait jusque-là, et disait encore an P. Charles Perraud : « Je me représente la « volonté de Dieu sous cette image; c'est une « citadelle sur une roche très élevée; je m'r <x réfugie, je m'y renferme et je dis : je ne « connais plus rien autre chose. » Et encore: « Àh! qu'il fait bon d'être chrétien; je ne « l'avais jamais senti à ce point, tu pourrai « prêcher cela toute ta vie. » Vers le milieu de la semaine, un mieux fatal, précurseur assez ordinaire de la mort dans les maladies de poitrine, ranima dans l'esprit de notre malade les illusions de vie qu'il avait sî volontiers et si facilement abandonnées na* guère; il me les exprima ainsi : « C'est dom- « mage! je m'étais habitué à la pensée de la « mort, je vivais avec elle, et elle me rendait « heureux : maintenant c'est un sacrifice plus « dur à faire ; il va falloir accepter une triste « et misérable vie : quel être chétif et inutile
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a je vais être pendant longtemps! Ce sera « l'affaire de deux ans au moins pour revenir « de cette profonde ruine. Ah! j'aimais mieux « la mort... La vie cependant me sourit par i un côté : je la mènerais meilleure; je serais « plus piètre, je tâcherais de faire plus de « bien, et surtout de le faire mieux... Eniïn, « que la volonté de Dieu soit faite dans la vie « comme dans la mort! »
Ces illusions qui provoquaient de si nobles sentiments ne purent pas durer. La maladie reprit son cours et les forces déclinèrent plus rapidement que jamais. Le dimanche soir, la religieuse qui le gardait m'avertit qu'elle le trouvait beaucoup plus mal et qu'elle avait des inquiétudes pour la nuit : je résolus de ne plus le quitter d'un instant. J'allai vers lui; il m'accueillit avec un sourire mélancolique, me disant : « Je suis bien « faible, cependant, par certains côtés il y a « du mieux; j'ai senti aujourd'hui mes nerfs, * ce que je n'avais pas éprouvé depuis trois « mois; je voudrais bien avoir une bonne c< nuit. x> Je le quittai en l'embrassant et en le bénissant, sans lui dire, pour ne pas l'in-
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quiéter inutilement, que j'allais rester dans une pièce voisine. La nuit fut mauvaise et agitée; aussi le lendemain matin la faibl était-elle extrême, et la Sœur me chargea de prévenir sa famille que peut-être il ne passerait pas la journée. Elle ne se trompait pas. C'était le lundi 20 juin. J'allai dire la messe pour lui à l'église la plus proche, craignant tout. A mon retour, j'entrai près de lui. Sans doute je n'étais pas maître de mon émotion, car il s'en rendit compte, et me fixant d'un air résoin, il me dit : « Y a-t-il du nouveau? je « veux savoir la vérité. » — « Non, repris-je, <c rien de très extraordinaire, mais je te trouve « changé depuis hier soir, je suis inquiet. » — « En effet, je me sens beaucoup plus « faible; sans doute, dans mon étal, i •
« ment est naturel, après une nuit sans som- « meil; mais cependant j'éprouve des sensa- « tions étranges, comme une disloca « sourde au fond de l'être; eh bien! je vais « prendre un peu de repos, adieu! » — « Soit, « lui dis-je, mais je ne m'éloignerai pas, je c resterai près de ton lit ou dans la pièce * voisine. » — « Pourquoi cela? je suis donc
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« beaucoup plus mal? » — « Peut-être; je ne « veux pas te quitter: tu peux avoir besoin de « moi, désirer te confesser ou communier; « d'ailleurs la Sœur m'a recommandé de res- « ter jusqu'à son retour. » — « Ah! je comte prends, merci; alors ce sera pour aujour- « d'hui ; eh bien ! il faut me préparer à la « grande lutte, et aller me chercher tout de « suite le saint Viatique. » Je le confessai une dernière fois en lui appliquant l'indulgence plénière à laticle de la mort, ce qui était lui dire le dernier mot de sa situation. Il reçut ensuite la sainte communion avec une grande ferveur et une grande paix, demandant, comme il le faisait toujours, à rester quelque temps avec Dieu seul.
Dans la matinée, il réclama le P. Charles, s'entretint intimement et tendrement avec lui ; mais la vie baissait d'une manière sensible et avec rapidité, sans secousses ni crises : il éprouvait cependant une souffrance générale qui le faisait gémir et dire quelquefois : « Que je souffre ! » et immédiatement après : « Mais à la volonté de Dieu. » Lorsque son médecin vint, il lui dit : « Au point où nous en sommes»
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« je n'ai plus à vous demander qu'un peu de « soulagement, car il y a des instants où vraice ment je souffre trop, et j'ai peur de perdre la « patience. » Dans l'après-midi, il réclama de moi, comme il l'avait fait à plusieurs reprises de la religieuse et du P. Charles, mais avec plus d'instances que jamais, la vérité sur son état. Je ne crus pas devoir résister à une volonté exprimée avec tant de persistance et de force d'esprit, ni priver cette belle âme du grand bonheur de voir venir la mort, de saluer chacun de ses pas, trop lents à son gré, et de se remettre entre les mains de Dieu dans la plénitude de sa volonté et de son ameur; je lui avouai qu'il ne fallait pas compter sur la nuit, peut-être même pas sur la journée. lime remercia avec la tendresse la plus vive, puis il désira être seul. Nous le veillâmes de loin. Il ne tarda pas à faire demander son bon père, si éprouvé par des infirmités qui en affligeant son corps, laissent son cœur dans toute son ardeur, et son intelligence dans toute sa lumière; en le voyant entrer dans sa chambre, notre cher mourant lui dit : Il faut avoir du courage, V amour c'est la force, et puis, vois-