‹ Henri quatreieme et RichelieuChapitre 15 sur 43 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Le dernier amour d'Henri IV. - MOB.

La Hollande, fatiguée, voulait, exigeait la paix, au moment où tout annonçait le réveil de la grande guerre. Le roi travaillait an traité qui ajournait tous ses projets. En attendant, il s'ennuyait. Le Louvre n'était plus tenable. On eût dit que la régence avait déjà commencé. La cour, visiblement, élaït d'un côté, et le roi de l'autre, A une entrée du Dauphin, tout le monde se précipita au-devant de lui ; le roi resta seul.

Le jour, ses courses à l'Arsenal ; au soir, le jeu, c'était sa vie. Ajoutez-y la lecture des romans de chevalerie. Le livre de Cervantes n'en arrêtait pas le cours. Le torrent des Amadis (cinquante volumes in-folio I ) continuait. Les

Parisiens disaient « que toute sa Bible était YÂmadis de Gaule. »

Au printemps de 1009, on lui mil en main VAstrée , livre doux, ennuyeux, où les chevaliers ne sont plus que de langoureux bergers. Le tout faiblement imité des pastorales espagnoles.

Du moins la tendance était pure, la réaction de l'amour. Le nouveau roman put être loué de saint François de Sales. Et l'auteur lui-même, d'Urfé, compare son innocente Astrée à la dévote Philothée.

La grande réputation d'un livre si faible étonne, mais elle lient à la surprise qu'elle causa, étant en contraste avec l'impureté du temps.

Beaucoup paraissaient excédés des femmes ; ils les fuyaient, retournaient aux mœurs d'Henri III. Ils baissaient la nature, la lumière, l'amour. Il leur fallait l'obscurité, des plaisirs sauvages, égoïstes. Le jeune Coudé, à vingt ans, était déjà sombre et avare comme un vieux sénateur de Gènes, ou comme ces nobles de Venise, lucifuges et fils de la nuit. Henri IV, qui avait prêché d'exemple l'amour des femmes, était indigné de voir son petit Vendôme à quinze ans avoir tous les goûts d'un page italien.

Pour lui, on le voit dans ses lettres à Corisande , à Gabrielle , il gardait sous l'homme

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